Asia, la poupée qui a du mal à pleurer

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Curieux court métrage que Bertrand Bonello présentait hier hors compétition. Cindy, the Doll is Mine : quinze minutes de film brut de décoffrage, comme sorties de nulle part, avec Asia Argento dans le double rôle de la photographe américaine Cindy Sherman et de son modèle. « Ça n’a pris que deux jours de tournage, deux séances de quinze minutes, filmer Asia en brune, puis en blonde », expose le jeune cinéaste qui rêvait de tourner avec l’actrice italienne, qu’il connaît depuis cinq ans et pour qui il avait déjà écrit le rôle féminin de Tirésia. La gageure : que le modèle incarné par Asia Argento pleure à l’écran. « Or je ne suis pas le genre de fille à verser des larmes sur commande », lâche la comédienne. « C’est vrai, acquiesce Bertrand Bonello. J’ai dû la menacer, lui dire que si elle n’y arrivait pas, je lui dirais quelque chose qui la ferait pleurer. Et ça a marché. » Visiblement très complices, l’actrice et le réalisateur ont déjà eu l’occasion de monter les marches ensemble à Cannes l’an dernier. C’est là, quand elle présentait Le Livre de Jeremy, que Bertrand lui a proposé ce sujet de commande pour une collection sur l’art contemporain. Et c’est ce film que Thierry Frémaux, le directeur artistique du festival, a choisi de sélectionner, non pas pour la compétition de courts métrages, mais simplement « pour donner des nouvelles » d’un cinéaste qui avait concouru pour la Palme deux ans auparavant. Sakurako Uozumi