Séjour animé pour Nick Park

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« Quand j’étais gamin et que je m’amusais avec de la pâte à modeler, jamais je n’aurais pensé que cela m’amènerait à recevoir tous ces honneurs ! » Nick Park, le créateur de Wallace et Gromit, a beau avoir reçu deux Oscars pour ses court-métrages, il n’en revient toujours pas de l’enthousiasme que suscitent ses personnages. Wallace, l’inventeur fou, et son souffre-douleur canin Gromit sont des stars à part entière. Le duo va bientôt tenir la vedette de son premier « long », Le Mystère du lapin-garou, qui sortira cet automne. « J’ai laissé mon équipe au boulot pendant que je viens me prélasser à Cannes », plaisante Park.  Se prélasser ? Pas vraiment. Après une cérémonie sur la plage où un énorme Gromit gonflable est apparu aux festivaliers, le cinéaste a animé une conférence sur les projets de son studio, présenté quelques extraits alléchants et dévoilé des décors. « C’est rassurant d’entendre les gens rire, avoue-t-il. Certains gags mettent plus d’un an pour être concrétisés. On a besoin de cette dose d’encouragement pour se dire qu’on est sur la bonne voie. »  Au rythme de deux minutes de film réalisées par semaine, on comprend comment l’humour de certaines situations peut s’émousser pour leur créateur. Pourtant, Nick Park ne se lasse pas de ses héros. Il évoque avec horreur le jour où il a oublié deux figurines dans le coffre d’un taxi new-yorkais. Le « papa », affolé, a fait passer un appel dans les journaux pour récupérer ses « enfants ». « J’ai poussé un énorme soupir de soulagement quand le chauffeur me les a rendus. »  Un bain de foule pendant son déjeuner cannois a achevé de convaincre l’animateur de sa popularité. « C’est la folie de voir tant de gens à la fois, alors que j’ai passé ces derniers mois enfermé avec mon équipe », balbutie Park, qui ne parviendra jamais à finir son dessert, tiraillé entre photos, questions et autographes. Plus encore que l’adulation des fans, une expérience unique va rester gravée dans sa mémoire. « Jeffrey Katzenberg, producteur de Shrek et de mon premier long métrage Chicken Run, m’a fait voyager dans son jet privé », raconte-t-il avec un air de grand enfant émerveillé. Caroline Vié