«Le réalisateur, personne n’en a rien à fiche »

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Réalisateur. Etes-vous surpris d’ouvrir le Festival de Cannes ? Je rêvais d’être sélectionné, mais je ne m’attendais pas à ce coup de projecteur supplémentaire. D’habitude, ils prennent plutôt des grosses machines... Quand je l’ai appris, j’ai fait « gloups ». J’étais partagé entre la joie et la peur... Quel souvenir gardez-vous de la présentation de Harry, un ami qui vous veut du bien ? Partagé : il est certain que le festival a beaucoup aidé le film, notamment pour le vendre à l’étranger, mais on est content de quitter cet univers en vase clos pour retrouver les vrais gens dans la vraie vie. La montée des marches, est-ce un moment émouvant ? C’était une folie furieuse avec les photographes qui criaient les noms des comédiens. Le réalisateur, personne n’en a rien à fiche, ce qui me va très bien... Je me revois presser Mathilde Seigner qui répondait à un journaliste alors que Gilles Jacob s’impatientait en haut des marches. J’avais hâte d’être assis dans la salle. Faites-vous partie de ceux qui prétendent que les films en compétition sont trop pointus ? C’est paradoxal. Vous avez un côté ultra commercial avec les paillettes et de l’autre, des films sélectionnés assez intellos. Je trouve bien que le festival défende des choses moins faciles. Brice de Nice n’a pas besoin de Cannes. Que pensez-vous du jury ? Honnêtement, je m’en fous un peu. Nous n’avons pas reçu de prix pour Harry et le film a quand même bénéficié de l’effet Cannes. Cela dit, je ne suis pas certain qu’Emir Kusturica soit particulièrement réceptif à mon genre de cinéma. Il fait des films baroques. Mon style est plus froid. On verra bien... Considérez-vous « Lemming » comme un film fantastique ? C’est surtout un film étrange. J’aime torpiller la vie quotidienne de gens apparemment normaux. Les spectateurs s’identifient ainsi plus facilement à mes personnages que s’ils étaient attaqués par des Martiens. Recueilli par Caroline Vié