Scorsese cloue son aviateur au sol

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Martin Scorsese a beau clamer que « Howard Hughes fut un pionnier dans deux domaines clés du xxe siècle : l’aviation et le cinéma », le portrait qu’il dresse de cet homme dans Aviator manque de démesure. C’est Leonardo DiCaprio qui est à l’origine du projet, et lui qui a choisi Scorsese pour le réaliser et le glisser dans la peau de l’homme qui séduisait Katharine Hepburn en l’invitant en duo dans les airs et qui, deux heures plus tard, aux toilettes, se frottait les mains jusqu’au sang, maniaco-dépressif qu’il était. Onze fois cité aux Oscars, Aviator donne une image flatteuse, mais quelque peu superficielle du personnage. A la trappe, ses témoignages devant le Comité des activités antiaméricaines ou la fin de sa vie qu’il a passée reclus dans son domaine. Si la tragédie de ce génie malmené par des corporations jalouses de leur monopole rappelle parfois le bouleversant Tucker, de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese ne parvient pas à communiquer le même souffle épique. On aurait aimé vibrer davantage face à un destin aussi exceptionnel. C. V.