« Mon ange », gardien de Paradis

© 20 minutes

— 

Il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu Vanessa Paradis aussi rayonnante sur un écran de cinéma. Mon ange, première réalisation de Serge Frydman, qui fut le scénariste de La Fille sur le Pont de Patrice Leconte, la révèle à l’apogée de son talent de comédienne. A l’image d’une touchante scène d’ouverture, dans laquelle l’actrice s’offre dans une vitrine d’Amsterdam afin de trouver un père pour son futur enfant. Il semble tout de suite évident que Frydman a été inspiré par son interprète. Il a écrit pour Vanessa Paradis ce portrait à l’eau-forte d’une jeune femme instable prête à tout pour satisfaire son désir de maternité. La rencontre impromptue de cette forte tête avec le fils adolescent d’une prostituée assassinée débouche sur une amitié improbable. Mais le réalisateur sait se faire oublier pour traquer leur intimité avec une pudeur remarquable. « Chacun devient tour à tour l’ange de l’autre, explique Serge Frydman. Leurs solitudes réciproques rapprochent les héros malgré leurs différences d’âge et de milieu. » Vincent Rottiers, découvert en enfant sauvage dans Les Diables, de Christophe Ruggia, apporte une sensibilité à fleur de peau à son personnage d’orphelin vite éperdu d’amour pour sa mère de substitution. Gaufre tiède, souteneur menaçant, lits jumeaux et champs de tulipes sont autant d’expériences partagées qui permettent à ce duo attachant de se constituer un passé commun. Cette chronique brillamment dialoguée dégage le même charme fragile que ses personnages à la recherche du bonheur. Elle invite au rêve éveillé débouchant sur l’espoir de lendemains meilleurs sur fond de tube langoureusement susurré par Elvis Presley. Caroline Vié (Lire aussi en page People)