Cannes a décerné sa première Queer Palm

CINEMA Le prix a été remis à «Kaboom» de Greg Arraki, dans le plus vieux bar gay d'Europe ce samedi...

Bérénice Dubuc

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La première «Queer Palm» a été décernée en marge du Festival de Cannes le 23 mai 2010.
La première «Queer Palm» a été décernée en marge du Festival de Cannes le 23 mai 2010. — S. DOLIDON / DR

De notre envoyée spéciale à Cannes

Ce samedi, en fin d’après-midi, l’événement n’était pas sur la Croisette, mais dans la rue Félix Faure, une rue parallèle. C’est là, au Zanzibar, le plus vieux bar gay de Cannes et d’Europe, que la première Queer Palm - «Palme Gay» en VF - était remise.

«Kaboom» sacré

Le petit bar, plein à craquer, a vu les 2 femmes du jury - Pascale Ourbih, présidente du festival «Chéries chéris» de Paris, et Florence Ben Sadoun directrice de la rédaction de Première - remettre pour la première fois la récompense à Kaboom, du réalisateur Greg Arraki, «pour sa contribution aux questions lesbiennes, gays, bi ou trans». La récompense n’a pas été remise au réalisateur, absent, mais à son attaché de presse Michel Burnstein.

Cette première cérémonie se voulait «ouverte sur la ville et symbolique, mais sans communautarisme», selon les voeux de Franck Finance-Madureira, créateur et organisateur de l’événement. Ce dernier a expliqué à 20minutes.fr qu’il avait depuis longtemps l’idée de créer la Queer Palm, et que le déclencheur avait été la Sélection du Festival l’an dernier, «particulièrement gay friendly».

«Il faut un début à tout»

Le Prix du Scénario remporté par Nuit d’ivresse printanière, «a relancé l’idée» qu’il avait depuis longtemps de pourvoir Cannes d’une récompense à l’image des Teddy Awards, créé en 1987 à la Berlinale. «La plupart des organisateurs de Festivals gays et lesbiens vont à Berlin faire leur marché, parce que le Prix créé un appel d’air. Cela créé un engouement pour ces sujets-là, et je pense que c’est bien d’avoir ce prix-là à Cannes, le plus grand festival ciné du monde. Même plus de 20 ans après. Il faut un début à tout.»

Et, si cette année, il a monté l’événement «tout seul, sans partenaires financiers», mais avec un «énorme soutien» des parrains, les cinéastes Olivier Ducastel et Jacques Martineau (Jeanne et le garçon formidable, Drôle de Félix, L’Arbre et la forêt…), il espère avoir l’an prochain «un vrai budget, des financements, pour pouvoir faire venir des organisateurs de festivals gay et lesbien associatifs». Autre souhait: que, comme le directeur du Festival de Berlin, Thierry Frémaux vienne «honorer la cérémonie de remise de la Queer Palm 2011 de sa présence». Un vœu pas si insensé. La rumeur veut en effet que le délégué général du Festival ait beaucoup parlé cette année de ce prix, et avec beaucoup de bienveillance.