Rachid Bouchareb: «Etre à Cannes est un bonheur que rien ne peut venir gâcher»

INTERVIEW Le réalisateur de «Hors-la-loi» a répondu aux questions de 20minutes.fr...

A Cannes, Caroline Vié

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Bouchareb à Cannes le 21 mai
Bouchareb à Cannes le 21 mai — REUTERS

Juste avant de monter les marches ce vendredi soir Rachid Bouchareb est revenu sur la polémique qui entoure son film et sur sa joie d’être à Cannes avec ses acteurs, à qui le festival avait porté chance pour Indigènes en 2007 en lui permettant de recevoir un prix d’interprétation collectif.

Comment-vous sentez-vous avant de monter les marches ce soir?

Je suis en pleine forme, serein  et bien dans ma peau. Presque davantage qu’au moment d’Indigènes parce que je sais le film que j’ai fait. Les gens l’aimeront ou pas, mais je suis en paix avec moi-même. Etre à Cannes est un bonheur que rien ne peut venir gâcher même pas les médias qui écrivent que j’ai coupé mon film par peur de la polémique. Quand elle a commencé, Hors-la-loi était déjà au mixage et je n’ai rien changé. Il est plus que temps que cette désinformation cesse…

Vous n’en avez pas assez de ces attaques de gens qui n’ont même pas vu votre film?

En fait, je suis mieux aujourd’hui parce que des gens l’ont vu et qu’on peut enfin en parler concrètement. J’ai fait Hors-la-loi pour ouvrir le débat. Je suis heureux que la liberté d’expression soit victorieuse. Tout le monde peut ensuite venir raconter son histoire, grande ou petite et donner sa version. L’essentiel était d’aborder le sujet.

A quoi penserez-vous en montant les marches?

Sans doute au fait que c’est la première fois qu’une projection cannoise se déroule sous haute surveillance et que cela va me faire un souvenir magnifique. Je me vois raconter cela à mes petits-enfants! Je tiens à préciser que le festival a été exemplaire: ses organisateurs ont dû subir de nombreuses pressions et ne se sont pas laissé intimider. Les forces de l’ordre ont aussi été formidables. J’ai même un garde du corps pour la première fois de ma vie.

Vous pensez que cette polémique vous aura fait de la publicité?

Bien sûr et c’est assez ironique! J’imagine que cela doit faire enrager ceux qui n’ont pas hésité à traîner mon film dans la boue, sans l’avoir vu, pour gagner quelques électeurs. Grâce à eux, tout le monde veut voir Hors-la-loi. Le film a été vendu dans de nombreux pays et je n’arrête pas de donner des entretiens à la presse internationale.

Retrouvez la critique d'Hors-la-loi par notre envoyé spéciale à Cannes ici.