«Hors-la-loi», un divertissement haut de gamme, pas polémique

CRITIQUE Le film était présenté en compétition officielle ce vendredi matin...

A Cannes, Caroline Vié

— 

L'équipe de Hors-la-loi à Cannes le 21 mai
L'équipe de Hors-la-loi à Cannes le 21 mai — REUTERS

Si vous avez manqué le début

Après avoir dû changer de vie quand elle est chassée de sa terre par les colons, une mère algérienne s’installe en France dans un bidonville de Nanterre. Ses trois fils choisissent des voies différentes. Messaoud combat en Indochine. Saïd devient un petit gangster et Abdelkader s’engage à fond pour l’indépendance de l’Algérie…

Les têtes d'affiche

Rachid Bouchareb a retrouvé les acteurs d’Indigènes qui avaient remporté en commun le prix d’interprétation masculine à Cannes en 2007. Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila sont de nouveau à l’écran.

Backstage

La polémique qui a entouré le film, soupçonné de «falsifier l’histoire» par un député UMP, a fait que la projection de ce vendredi matin était placée sous haute surveillance. La fouille était renforcée à l’entrée de la projection de 8h30 et des CRS montaient la garde à la sortie. La projection s’est déroulée sans le moindre incident, dans un silence monacal. Le film a été très applaudi.

Le plus

Rachid Bouchareb aborde son sujet sans manichéisme. Si son point de vue est celui de ses trois héros, il ne les angélise pas, de même qu’il ne diabolise pas les Français. Il semble évident que le réalisateur a beaucoup pensé à Il était une fois l’Amérique de Sergio Leone en faisant son film. Les rapports entre les frères comme les péripéties bien menées de cette fiction ancrée dans un contexte historique délicat sont les atouts principaux d’une fresque luxueuse fleurant bon la générosité de son auteur. Le film est un divertissement haut de gamme qui ne méritait vraiment pas qu’une telle polémique entache sa sélection.

Le moins

L’ensemble demeure très classique et un brin didactique, mais on apprend des choses sur cette période troublée. On aurait aimé un peu plus de souffle épique dans la mise en scène.

La réplique

- «Tu as gagné.» Dit par un colonel de police à son ennemi du FLN (Front de libération nationale)