«Route Irish», bouleversant et intense

CRITIQUE Les spectateurs sont sortis de la salle les jambes tremblantes...

A Cannes, Caroline Vié

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Ken Loach arrivant à l'avant-première de son film «It's a free world» à Venise, Italie. Septembre 2009
Ken Loach arrivant à l'avant-première de son film «It's a free world» à Venise, Italie. Septembre 2009 — Quaglia/SIPA

Si vous avez manqué le début

Fergus est inconsolable depuis que son meilleur ami, Frankie, s’est fait abattre sur la Route Irish, à Bagdad. C’est lui qui avait convaincu Frankie de venir travailler comme agent de sécurité en Irak et il se sent terriblement coupable. Quand Fergus reçoit un téléphone portable contenant une vidéo du massacre d’une famille irakienne auquel Frankie a assisté, il décide de mener l’enquête. Sa besogne est rendue d’autant plus difficile qu’il doit agir à distance, ne pouvant quitter l’Angleterre avant un procès dans lequel il est impliqué.

Les têtes d'affiche

Ken Loach a remporté la Palme d’or pour Le vent se lève en 2006. Mark Womack est surtout connu à la télévision britannique où il a joué dans de nombreuses séries et téléfilms.  Andrea Lowe fait ses débuts au cinéma avec Route Irish mais elle participé à des séries télévisées comme Les Tudor.

Backstage

Le scénario du film, signé par Paul Laverty, fidèle collaborateur de Ken Loach, s’appuie sur l’Ordonnance 17 qui a été en vigueur de 2003 à 2007  et qui garantissait l’impunité aux agents de sécurité privés opérant en Irak. Ils auraient été près de 50.000 lourdement armés. Mark Womack s’est livré à de copieuses recherches pour préparer son rôle de mercenaire. Il a questionné plusieurs agents de sécurité et s’est fait enrôler dans un camp d’entraînement militaire. Ken Loach lui ménageait des surprises dans le scénario au gré du tournage afin de l’aider à réagir comme son personnage.

Le plus

Ken Loach évite tout manichéisme pour décrire des hommes pourris par la guerre et l’appât du gain. Il montre de façon très claire comment certains n’hésitent pas à ses salir les mains alors que d’autres, en retrait, s’enrichissent sans le moindre scrupule. Il étaye sa démonstration de scènes bouleversantes, notamment une séquence de torture d’une rare intensité.

Le moins

On ressort bouleversé et les jambes flageolantes, mais est-ce vraiment une mauvaise chose ?

La réplique

- « Il était au mauvais endroit au mauvais moment. »

La vidéo