Le cinéaste Marco Bellocchio fait la leçon tout en impro

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Marco Bellocchio, hier à Cannes.
Marco Bellocchio, hier à Cannes. — S. LEBLANC / 20 MINUTES

Coincé dans sa suite de l'hôtel Majestic à cause de la pluie, le réalisateur italien Marco Bellocchio (Les poings dans les poches, Le diable au corps, Vincere...) appréhendait hier matin la leçon de cinéma qu'il devait donner en fin d'après-midi . « Je n'ai rien préparé de particulier. Qu'est-ce que je vais bien pou­voir leur raconter ? » Mais au juste, pour Marco Bellocchio, cinéaste dix fois ­sélectionné à Cannes, c'est quoi, une « leçon de cinéma » ?
« Ben justement, pour moi, le travail du réalisateur, qui consiste avant tout à diriger des acteurs, ça ne s'apprend pas. La technique, oui. Mais pas la direction d'acteurs, qui dépend de sa relation avec les interprètes. » Comme avec Giovanna Mezzogiorno, qui jouait l'épouse bafouée de Mussolini dans Vincere ici-même l'an dernier, et que le cinéaste est ravi de voir figurer au jury cette année.
« Pour ce rôle, je lui ai demandé de s'inspirer des attitudes de la Jeanne d'Arc de Dreyer. Elle méritait sûrement un prix. » Le cinéaste voit sa présence au jury « comme un lot de consolation ». Comme s'il n'avait toujours pas digéré d'être rentré bredouille de Cannes. « On est forcément déçu, et puis on oublie. » Grâce au festival, le film a fait une belle carrière en salles, jusqu'à sa sortie, aujourd'hui même, en DVD. L'objet est accompagné d'un livret explicatif et d'un documentaire sur la vie cachée du Duce, mais dépourvu de making of ou de leçon de cinéma. à Cannes, S. L.