«Poetry», de la poésie pour ne rien oublier

CINEMA Le réalisateur coréen Lee Changdong met en scène Jeon Doyeon, prix d'interprétation féminine en 2007...

Caroline Vié

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Toute l'équipe de Poetry, avant la présentation du film pour le Festival de Cannes, mardi 19 mai 2010
Toute l'équipe de Poetry, avant la présentation du film pour le Festival de Cannes, mardi 19 mai 2010 — AFP photo/Anne-Christine Poujoulat
Si vous avez manqué le début
Mija, auxiliaire de vie d’un vieil homme infirme, élève seule son petit-fils adolescent depuis le départ de sa fille pour Séoul. Alors qu’on vient de lui apprendre qu’elle souffre d’un début d’Alzheimer, elle commence à prendre des cours de poésie pour échapper à un quotidien médiocre. Elle apprend bientôt que son petit-fils a commis une grave bêtise qui va changer leurs vies.

Les têtes d'affiche
Lee Changdong est un cinéaste coréen majeur auquel on doit des films comme Peppermint Candy (2000), Oasis (2002) et Secret Sunshine (2007) dont l’actrice Jeon Doyeon a remporté le prix d’interprétation à Cannes la même année.
Yun Junghee est une légende du cinéma coréen qui a interprété plus de 300 films. Elle a reçu valu 24 prix d’interprétation au fil d’une carrière qui a débuté au milieu des années 60.

Backstage
Mija est le vrai prénom de l’atrice Yun Junghee, mais Lee Changdong explique qu’il s’agit d’une coïncidence. Le réalisateur s’est inspiré d’un fait-divers sur le viol collectif d’une adolescente dont le récit l’a traumatisé. C’est en regardant un documentaire à la télévision qu’il a décidé d’appeler son film «Si» qui veut dire «Poésie» en coréen. Il a offert le rôle principal à Yun Junghee alors qu’elle n’avait pas tourné depuis seize ans.Lee Changdong avoue avoir conçu son film comme une page sur laquelle est écrit un poème et sur laquelle subsiterait beaucoup d’espace blanc.

Le plus
L’interprétation de Yun Junghee est une merveille de sensibilité que Lee Changdong met en relief avec une grande subtilité. Ce portrait d’une femme candide qui découvre soudain la cruauté du monde qui l’entoure sonne fort juste. L’émotion monte doucement au gré de sa métamorphose. Le spectateur se prend à aimer cette mamie effacée qui devient poète. On se laisse emporter par des images paisibles venant tempérer un climat de violence larvée.

Le moins
Certaines subtilités de ce film qui joue beaucoup sur la langue coréenne échappent aux spectateurs qui ne parlent pas couramment coréen.

La réplique
(L’un des poèmes du film, signé Ahn Dohyun) «Ne donne pas de coup de pied pour rien dans les cendres du charbon. Toi, as-tu déjà brûlé une fois pour quelqu’un?»

La vidéo