A Cannes, les zombies ne font pas vraiment frémir

CINEMA Du moins, dans «La Meute» de Franck Richard...

Bérénice Dubuc

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Yolande Moreau incarne «La Spack» dans le premier long-métrage de Franck Richard, «La Meute».
Yolande Moreau incarne «La Spack» dans le premier long-métrage de Franck Richard, «La Meute». — DR

De notre envoyée spéciale à Cannes

Ça aurait pu s’appeler Bienvenue chez les Chtis mangeurs d’hommes. La Meute, premier long-métrage de Franck Richard, avec notamment Yolande Moreau, Philippe Nahon, Emilie Dequenne et Benjamin Biolay, était présenté mardi soir au public cannois, en avant-première avant sa sortie cet été.

Enfin, pas à tous le public. Initialement, le film devait être présenté au cinéma de la plage, gratuitement, en plein air, et donc sans vérification de l’âge des spectateurs. Cependant, le film n'étant pas passé en commission de classification des œuvres cinématographiques, le Festival a du déplacer la projection vers la salle Bunuel, à l’intérieur du palais des festivals.

Un film gore décevant

Ce «film de genre», comme l’a présenté Thierry Frémeaux avant la projection, est en effet plutôt gore pour les plus jeunes: si les artifices des scènes d’arrachages de bras et autres têtes jetées à travers une fenêtre sont plutôt visibles, la meute de zombie fait froid dans le dos. Cependant, le résultat est décevant. L’intérêt de ce film réside surtout dans le mélange des genres: la musique créée l’angoisse, mais certaines scènes et dialogues font franchement rire.

Pourtant, le postulat de départ paraissait tentant: une jeune femme en route «vers le soleil» charge un auto-stoppeur, qui disparaît dans les toilettes d'un resto routier. En tentant de le retrouver, elle va devenir en-cas pour zombies. Mais le tout met un temps infini à se mettre en place, et les spectateurs ont du mal à comprendre les tenants et les aboutissants. Au sortir de la salle, les spectateurs se demandaient s’ils avaient bien compris la fin – qui épargne le happy end, Dieu merci.