«Biutiful», un tableau du monde moderne

CINEMA Le dernier film d'Inarritu met en scène les déboires d'un père dévoué...

Stéphane Leblanc

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Toute l'équipe de «Biutiful» d'Alejandro Gonzalez Inarritu (au centre) lors de la présentation du film à Cannes, lundi 17 mai 2010.
Toute l'équipe de «Biutiful» d'Alejandro Gonzalez Inarritu (au centre) lors de la présentation du film à Cannes, lundi 17 mai 2010. — AFP photo/Loic Venance
Si vous avez raté le début
Uxbal est un quiquagénaire à la dérive qui vit d'expédients, trouvant du travail au noir à des émigrés chinois ou africains tout en soudoyant la police locale. Mais c'est un bon père, qui a obtenu la garde de ses enfants, et lorsqu'un examen médical lui apprend qu'il n'en a plus que pour quelques mois, il décide de mettre de l'ordre dans ses affaires.


Backstage
Biutiful n’est pas un film «choral», la marque de fabrique d’Alejandro Gonzalez Inarritu. Cette fois, tout se passe à Barcelone, autour d’un seul personnage. « J'ai été tellement fatigué de faire le tour du monde pour Babel, explique le cinéaste, que je m'étais promis que mon prochain projet serait moins complexe, avec un seul lieu et un seul personnage central. Pour Biutiful, j'ai donc voulu présenter quelque chose de plus linéaire, de plus discipliné en explorant d'autres méthodes narratives. Mais Biutiful a finalement été aussi difficile à réaliser que mes autres films, dit-il en riant.

Les figures marquantes
Javier Bardem incarne Uxbal, ce qui pourrait bien lui valoir un prix d’interprétation. Tant son personnage est intense, profond. Et tant il l’incarne à la perfection. « Mon personnage intériorise beaucoup ses sentiments », raconte-t-il. En tant qu'acteur, j'ai voulu montrer qu'Uxbal a connu la corruption, l'exploitation. Il ne veut pas perdre l'amour, son dernier soupir de santé. Mais la vie va le pousser dans une autre direction… »

Le plus
C’est le message de Biutiful, rapporté par son réalisateur: «Même si l'obscurité paraît omniprésente, Biutiful comporte beaucoup de touches d'espoir. C'est même mon film le plus optimiste.»

Le moins
On peut ne pas partager l’avis d’Inarritu et trouver insupportable cette surrenchère dans le malheur et cette quête de rédemption par le biais de la descente aux enfer.

La réplique
«Comment ça s’écrit Beautiful, Papa?»