«Outrage»: Kitano renoue avec les films de gangsters

CINEMA Le dernier film de Takeshi Kitano est en compétition pour la Palme 2010...

Caroline Vié

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Capture d'écran d'une scène du film «Outrage» de TaKeshi Kitano.
Capture d'écran d'une scène du film «Outrage» de TaKeshi Kitano. — DR

De notre envoyée spéciale à Cannes

Si vous avez manqué le début

Otomo, gangster particulièrement violent, est chargé par son «parrain» de s’attaquer à un rival auquel il avait pourtant juré une fraternité éternelle. Petit à petit, la situation s’envenime entre les différents clans et les mafieux commencent à s’entre-tuer.

Les têtes d’affiche

Takeshi Kitano renoue ici avec les films de gangsters qui lui avaient si bien réussi pour Violent Cop (1989), Boiling Point (1990), Sonatine (1993), Hana-Bi (1993) et Aniki, mon frère (2001). Artiste complet, il expose en ce moment à la Fondation Cartier où il a monté diverses installations. Il a fait appel à de grands acteurs japonais pour incarner les différents gangsters du film. Beat Takeshi (le nom d’acteur de Kitano) n’interprète pas le rôle principal de ce film chroral.

Backstage

Les personnages étant nombreux Takeshi Kitano a pris soin d’équilibrer leurs interventions en n’hésitant pas à faire passer certaines répliques de l’un à l’autre. Il s’est également adapté aux méthodes de travail de ses nouveaux acteurs car c’était la première fois qu’il n’était pas entouré de sa bande habituelle. Le cinéaste s’est concentré sur la représentation de la violence, un sujet qui le passionne. Il estime que l’action de son film pourrait se dérouler dans d’autres milieux que celui des yakuzas et que bien des spectateurs devraient donc pouvoir s’y reconnaître même s’ils ne règlent pas leurs problèmes en s’entre-tuant.

Le plus

Takeshi Kitano est vraiment bourré d’idées lorsqu’il s’agit de faire souffrir ses semblables. Le sadisme ludique de son scénario évoque les jeux télévisés qu’il anime à la télévision japonaise. Sa peinture du monde des yakuzas fascine. Loin de les magnifier, il les décrit comme de parfaits crétins avec un humour féroce. Sa démonstration d’un système archaïque menant ses héros à se liquider les uns les autres est jouissive. Et son travail sur la bande-son se révèle particulièrement remarquable.

Le moins

On peut trouver le film trop violent et, malgré le talent de Keichii Suzuki, il est dommage que Joe Hisaishi, compositeur pour de nombreux films de Kitano, ne soit pas là, à sa place.

La réplique

Les gangsters échangent des bordées d’injures qu’il est impossible de reproduire sur ce site.

La vidéo