Le président du festival, Gilles Jacob, au côté de Madonna et de Sharon Stone en 2008.
Le président du festival, Gilles Jacob, au côté de Madonna et de Sharon Stone en 2008. — LORENVU / NIKO / NIVIERE / SIPA

Cinéma

Lumière sur l'homme de l'ombre du festival

Docu Portrait de Gilles Jacob, ce soir sur Canal+

Sharon Stone, Quentin Tarantino. Il les a propulsés de l'ombre à la lumière. Et pourtant, Gilles Jacob les intimide toujours un peu. Serge Le Péron, qui dresse un étonnant portrait du président du Festival de Cannes (ce soir à 23 h sur Canal+ et samedi à 22 h 25 sur Arte), note que l'homme de l'ombre qui se retrouve sur­exposé douze jours par an « a joué le jeu ». Mais préservé une part de mystère. « Discrétion, timidité ? Quelque chose en lui résiste à l'exposition. »

En 1957, dans un jeu télévisé
L'astuce, c'était d'utiliser le cinéma pour le faire parler. Et ça a marché. Le voici qui rigole « du petit Godard » avec Claude Chabrol, tous trois camarades du lycée Louis-le-Grand. Ou qui évoque le coup de foudre pour sa femme – « elle ressemblait à Delia Scala », une actrice italienne aujourd'hui oubliée. On s'amuse aussi de sa première apparition à l'écran, en 1957, quand, fraîchement marié, il remporte le gain d'un jeu télé grâce à sa culture cinéphilique. « Cette séquence, on l'a retrouvée par hasard, raconte Serge Le Péron, car le nom de Gilles Jacob n'était pas référencé. »
A contrario, sa vie aussi a inspiré le cinéma. L'épisode où il doit se cacher derrière un harmonium pour échapper à des miliciens sous l'Occupation, « il l'a confié à Louis Malle pour son film Au revoir les enfants et n'en parle plus que sous couvert de cinéma ».

Chasseur d'images

« Je ne suis pas photographe, prévient Gilles Jacob dans Livre d'or (Seuil). Je suis chasseur d'images. Je dégaine, je vise, je tire, c'est tout. » Et ses images, il les fait commenter par d'autres, acteurs ou cinéastes, qu'il a lui-même photographiés du haut des marches.