Le Festival de Cannes se plonge dans la finance

CINEMA La crise économique mondiale est l'une des thématiques de ce 63e Festival...

Bérénice Dubuc

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Street signs February 10, 2009 outside the New York Stock Exchange. US stocks plunged Tuesday as markets gave a thumbs down to a plan unveiled by President Barack Obama's administration to stabilize the financial system. The Dow Jones Industrial Average slid 381.99 points or 4.62 percent to 7,888.88 at the close. AFP PHOTO/Stan Honda
Street signs February 10, 2009 outside the New York Stock Exchange. US stocks plunged Tuesday as markets gave a thumbs down to a plan unveiled by President Barack Obama's administration to stabilize the financial system. The Dow Jones Industrial Average slid 381.99 points or 4.62 percent to 7,888.88 at the close. AFP PHOTO/Stan Honda — Stan Honda AFP/Archives

De notre envoyée spéciale à Cannes

Une véritable tradition. Cette année encore, le Festival de Cannes ne dément pas sa réputation d'écho de l'histoire politique mondiale. Entre Wall Street 2: Money never sleeps, The city below, Inside Job et Cleveland vs. Wall Street, la sélection 2010 se place ostensiblement sous le signe de la finance et de la crise financière mondiale. Tous parlent du «système» qui a généré la crise à leur manière. Tour d'horizon.

Wall Street, un décor

Dans Wall Street 2, présenté hors compétition, Oliver Stone utilise le krach boursier de 2008 comme décor du retour de Gordon Gekko, personnage de «salaud» qui lui aurait été inspiré par «les loups de Lehman Brothers et Bear Stearns». La fiction montre les banques du doigt et revient sur un monde de la finance immoral et amoral, incapable de changer.

Pour The city below (Unter dir Die Stadt), présenté samedi dans le cadre de la sélection Un Certain Regard, le réalisateur allemand Christoph Hochhäusler se sert lui aussi de l'actualité économique comme décor: Roland est un puissant dirigeant de banque et profite de son pouvoir pour faire muter le mari de sa maîtresse. La crise financière fait ici écho aux mensonges et à la tricherie des personnages.

A la recherche des origines de la crise

Avec Inside Job, long-métrage narré par Matt Damon et proposé en Séances spéciales, le réalisateur Charles Ferguson, dissèque les pratiques de Wall Street, accusée d'être à l'origine de la crise économique mondiale. Le film dévoile les relations dangereuses entre monde de la finance, monde politique, et autorités de régulation qui ont mené à la crise économique de 2008.

Il analyse la crise des subprimes et ses conséquences en interviewant de nombreux acteurs de la crise, du patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, aux dirigeants de la FED, en passant par l'audition de responsables de Goldman Sachs devant le Sénat américain. Le documentaire livre une démonstration très efficace et une explication très accessible des origines de la crise à ses conséquences, qui ne sont pas encore toutes connues.

Un procès fictif pour trouver des responsables

Quant à Cleveland vs. Wall Street, c'est carrément au procès des victimes des subprimes contre les banques américaines que le suisse Jean-Stéphane Bron procède. Prenant un exemple local, Cleveland dans l'Ohio, ville-symbole où 100.000 personnes incapables de rembourser leurs prêts ont été expulsées de chez elles, le réalisateur américain fait une démonstration globale.

Le procès fictif est organisé dans des conditions réelles, avec un vrai juge, des plaignants (les vraies victimes des subprimes), et une vraie défense (l'avocat d'affaires, Keith Fisher défend la finance). Objectif: savoir enfin qui est responsable de la crise. Verdict: c'est bien Wall Street.