Cannes 2010: «Rubber», c’est l’éclate!

CINEMA Le film a été présenté samedi soir en séance spéciale de la Semaine de la critique...

Stéphane Leblanc
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Si vous avez manqué le début
C’est dommage, parce que vous avez sans doute raté le meilleur: avant même que Rubber le pneu se mette à rouler seul et à tuer ce qui le contrarie, cette introduction où le shérif prévient les spectateurs qu’il ne faudra pas chercher d’explications trop rationnelles dans ce film, comme dans beaucoup d’autres. Les choses au cinéma se passent souvent «sans raison» («No reason», dans la VO du film). Et de prendre quelques exemples: «Pourquoi dans JFK, d’Oliver Stone, un inconnu assassine-t-il le président des Etats-Unis? No reason!» « Pourquoi dans Le Pianiste, de Polanski, cet homme doit-il se cacher et vivre aussi misérablement alors qu’il joue si bien du piano? No reason!»

Les têtes à retenir
La tête de pneu de Rubber, la révélation du film. Il était d’ailleurs présent samedi soir sur la scène du Miramar. Mais aussi Stephen Spinella, grand flic dégingandé présenté ci-dessus. Et Roxane Mesquida, plus jolie encore que dans les films de Catherine Breillat.

Backstage
Rubber, qui raconte l’histoire originale d’un pneu tueur par dépit amoureux, était présenté samedi à 20h en séance spéciale de la Semaine de la critique. Une séance très spéciale, puisque… unique! «Dans la but de créer de la rareté» explique l’attaché de presse. Si bien que seuls 450 personnes ont pu y assister. Un gros millier de fans de Quentin Dupieux (alias Mr Oizo pour les fans de musique et réalisateur de Steak en 2006 avec Eric et Ramzy) sont donc restés dehors à attendre la fin de la projection… pour poser la question qui brule toutes les lèvres: «alors, c’était comment?»

Le plus du film
Hé bien c’était déjanté, drôle, original. Percutant. On a beaucoup rigolé. Certaines répliques sont hilarantes et les comédiens très bien dirigés. Les fans des séries B jusqu’à Z adoreront cette comédie macabre, mâtinée de polar, tout en subtilités pittoresques.

Le moins du film
Une chouette idée de court-métrage ne donne pas forcément un très bon long. Au bout d’un moment, cette histoire de pneu tueur tourne un peu en rond, et les mises en abymes successives ne font que souligner le peu d’épaisseur dramaturgique du film.

La réplique qui tue
Devant ses collègues, le filc sort un krick et démonte le pneu de sa voiture: «Voilà à quoi ressemble notre tueur».

La vidéo