«Wall Street, l'argent ne dort jamais», un come back en demi teinte

CRITIQUE Le film très attendu a été présenté ce vendredi. Il est hors compétition...

Anne Kerloc'h

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L'équipe de Wall Street, l'argent ne dort jamais à Cannes le 14 mai.
L'équipe de Wall Street, l'argent ne dort jamais à Cannes le 14 mai. — J-P PELISSIER/REUTERS

Si vous avez manqué le début

Gordon Gekko, le trader à l’âme vert dollar est de retour après après avoir purgé une peine de huit ans de prison pour délit d’initié et blanchiment d’argent. Jacob Moore est un jeune trader mais au fond idéaliste, qui souhaite investir dans une nouvelle source d’énergie verte. Il vit en couple avec la fille de Gekko, Winnie, qui a coupé les ponts avec son père. Le suicide du mentor de Jake, acculé à la faillite après des rumeurs de placements toxiques lancées par un concurrent amène ce dernier à fomenter une vengeance. Et à entrer en contact avec Gekko...

Les têtes d'affiche

C’est un come back groupé: Michael Douglas reprend son rôle de gourou financier et manipulateur du premier Wall Street, sorti en 1987, qui lui a valu un oscar. Oliver Stone, (Platoon, The Doors, JFK, Tueurs nés) revient à la réalisation. Pour les nouveaux Shia LaBeouf, vu dans Transformers, incarne Jake. Susan Sarandon fait une apparition subtile et fêlée en mère de Jake et spéculatrice immobilière compulsive. Et la délicieuse Carey Mulligan est Winnie, après avoir emporté le Bafta award et frôlé l’oscar de la meilleure actrice pour Une éducation.

Backstage

Vingt-deux ans après Wall Street, le film s’inspire forcément des scandales financiers à la Madoff des dernières années. «L’argent ne dort jamais» comme le rappelle le titre. Mais, pour Oliver Stone, le camp du mal financier a changé de visage. «Les flibustiers de la finance ont tous disparu, remplacés par des institutions qui étaient autrefois réglementée ». Allan Loeb, un courtier et «junkie de la finance» avoué a été recruté pour co-écrire le scénario.

Le plus

L’élégance de la réalisation, la démesure absurde du monde de la haute finance où les milliards disparaissent aussi brutalement qu’ils sont venus, tandis que se vident les comptes et les lofts. Le couple de nouveaux venus Mulligan/ LaBeouf, qui donne de la vivacité à un ensemble qui pourrait être parfois un peu pesant. L’apparition clin d’œil de Charlie Sheen, le pigeon marabouté par Gekko du premier Wall Street.

Le moins

Une intrigue au final bien moins complexe qu’on ne pouvait l’espérer, des situations et un dénouement assez attendus, dont un happy ending un peu agaçant. L’ensemble verse parfois dans les clichés obligés sur les traders (la belle russe, le bling et le champ’, la bagouse multi-carats pour les fiançailles).

La réplique

«L’époque actuelle est affreuse. Place aux affreux!»

La vidéo