Rachid Bouchareb: ««Il faut qu'il soit possible que le cinéma aborde tous les sujets»

CANNES 2010 Le réalisateur répond à la polémique déclenchée par son film Hors-la-loi...

J. M.

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Sipa

Devant le procès intenté à son Hors-la-loi, Rachid Bouchareb a pris la plume, «dans un souci d'apaisement». Dans une lettre adressée aux organisateurs du Festival de Cannes, le réalisateur a tenu à rappeler qu’il ne s’agit là que d’«un film de fiction» sur l’histoire de l’Algérie. Plusieurs voix, dont celles du député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca, s’étaient élevées, l’accusant de «falsifier» l’histoire, de «manichéisme» et de «négationnisme».

«Il faut qu'il soit possible que le cinéma aborde tous les sujets, écrit Rachid Bouchareb. Je le fais en cinéaste, avec ma sensibilité, sans obliger quiconque à la partager. Après les projections, il sera temps que le débat public se déroule.» Un élu cannois non encarté de la majorité UMP, André Mayet, président de la Maison des rapatriés de la ville, avait déjà appelé le préfet à «interdire» la projection du film, faisant valoir les risques de troubles à l'ordre public.

«La France est une terre de liberté et je suis particulièrement fier d'y montrer mon film»

«Ceux qui participent à cette polémique n'ont pas vu le film», regrette le réalisateur dans son courrier. Ce qui est exact, au moins concernant Lionnel Luca. «Attaché comme je le suis à la liberté d'expression, il me paraît normal que certains puissent être en désaccord avec mon film, poursuit Rachid Bouchareb mais je souhaite que ce désaccord s'exprime dans un cadre pacifique et dans la sérénité du débat d'idées.»

«Pour le monde entier, la France est une terre de liberté et je suis particulièrement fier d'y montrer mon film, dans le plus prestigieux des festivals», conclut le réalisateur, qui «souhaite que cette projection se fasse dans le respect mutuel et dans un climat serein».