«Robin des bois» a plus d'une flèche à son arc

EVENEMENT Le nouveau film de Ridley Scott va faire l'ouverture du Festival de Cannes, mercredi soir...

Caroline Vié

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Russell Crowe, un mauvais garçon transformé en justicier par l'amour d'une belle dame.
Russell Crowe, un mauvais garçon transformé en justicier par l'amour d'une belle dame. — DR

Russell Crowe en collant moulant et avec un chapeau à plume, ce n'est pas dans le Robin des bois de Ridley Scott qu'on pourra le trouver dès ce mercredi matin en salle et ce mercredi soir en ouverture du Festival de Cannes. L'acteur néo-zélandais et le réalisateur de Gladiator renouvellent le mythe en revenant aux origines de la légende. Ils balaient au passage les idées reçues sur la question à grands coups d'épée. Grâce à eux, on découvre ainsi comment un archer pas vraiment reluisant devient une flèche pour les opprimés. Robin, au début du film, n'est pas «gentil gentil», mais la belle dame Marianne, jouée par Cate Blanchett, est dotée d'un abattage à faire tomber raide un chêne centenaire de la forêt de Sher­wood. Elle va transformer le mauvais garçon en bon justicier sculpté dans le bois dont on fait les légendes.

De sublimes tableaux visuels

L'amour ou la guerre, nos héros ont fait le choix de s'adonner aux deux. Les tête-à-tête du couple Russell Crowe-Cate Blanchett dépotent donc tout autant que les scènes de combat, un domaine dans lequel ­Ridley Scott excelle tout particulièrement. En choisissant de se pencher sur les origines de l'histoire, le cinéaste a pris le parti de montrer l'Angleterre médiévale comme un pays brutal où il ne faisait pas vraiment bon vivre.

Cet amoureux du Moyen Age livre des séquences en forme de tableaux sublimes où chaque détail fleure bon l'étable, la trahison et le sang fraîchement versé. Il est vivement recommandé de rester jusqu'au magnifique générique de fin, petite merveille d'animation. A l'âge de 72 ans, Ridley Scott est toujours aussi vert que le costume de Robin des bois. Il offre au spectateur un divertissement somptueux et ouvre les festivités cannoises sur une note très vigoureuse. Avant d'enfiler son pour­point et son carquois pour découvrir la sélection, le cinéphile vibrera tel un arc devant ces péripéties magistralement conçues pour son plaisir de chevalier du 7e art.

La bande-annonce en version originale sous-titrée: