Visite dans les bas-fonds de Tokyo.
Visite dans les bas-fonds de Tokyo. — WILD BUNCH DISTRIBUTION

CINEMA

Gaspar Noé prend son public au trip Avec «Enter The Void»

Un film polémique sur fond d'expérience psychédélique...

Le cinéma de Gaspar Noé n'est conçu ni pour les petits enfants, ni pour les âmes sensibles. Tout autant hué qu'encensé à Cannes l'an dernier, Enter the Void est un expérience psychédélique traumatisante à souhait. Le réalisateur d'Irréversible plonge directement son public dans la tête d'un dealer camé jusqu'aux oreilles et bientôt abattu par la police. «Si provoquer veut dire que je cherche à causer des réactions, alors je suis un provocateur», explique Gaspar Noé, qui s'est transporté à Tokyo pour y tourner cette œuvre envoûtante.

 

«Pas une apologie de la drogue»

 


Dans l'éblouissante séquence d'ouverture, le spectateur a littéralement l'impression de mourir avec le héros. Puis il erre entre rêve et cauchemar dans les bas-fonds de Tokyo, à la fois sordides et lumineux. «Mon film n'a rien d'une apologie de la drogue. Il est avant tout une histoire d'amour», précise Noé.

L'œuvre est habitée par la puissante relation qui unit le personnage principal à sa sœur, à la suite du décès de leurs parents dans un terrible accident de voiture. «Enter the Void est un film qui agresse physiquement en multipliant les effets stroboscopiques. Je comprends qu'on puisse en sortir épuisé», confie le cinéaste français qui ne cache pas son admiration pour David Lynch. Gaspar Noé propose une alternative excitante à une production formatée. Ne serait-ce que pour cela, cet auteur brillant mérite le total respect.