« On ne s’interdit rien »… Pourquoi le Puy du Fou se lance dans le cinéma et ne va pas s'arrêter

DIVERSIFICATION Alors qu’un premier long métrage sort ce mercredi en salles, d’autres projets de fiction sont prévus par la nouvelle société de production Puy du Fou Films, filiale du parc à thème vendéen

Frédéric Brenon
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« Vaincre ou mourir » raconte l'épisode des Guerres de Vendée. Le rôle du général Charette est joué par Hugo Becker.
« Vaincre ou mourir » raconte l'épisode des Guerres de Vendée. Le rôle du général Charette est joué par Hugo Becker. — C. Tamalet/Puy du Fou Films
  • « Vaincre ou mourir » de Vincent Mottez sort en salles ce 25 janvier.
  • Il raconte l’épisode des Guerres de Vendée et du général royaliste Charette.
  • Il s’agit du premier film de la boîte de production Puy du Fou Films.

« C’est un moment émouvant. L’aboutissement d’un long parcours », confie Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou. Sorti au cinéma ce mercredi dans près de 300 villes en France, Vaincre ou mourir, long métrage réalisé par Vincent Mottez, a la particularité d’être le premier film produit par le parc à thème vendéen. Cette fiction spectaculaire, avec de nombreuses scènes de combat, raconte l’épisode des Guerres de Vendée [qui ont opposé royalistes et républicains entre 1793 et 1800] et, notamment, « l’incroyable épopée », dixit la production, du général Charette, interprété par Hugo Becker. Un sujet déjà abordé au sein du Puy du Fou à travers son spectacle à succès Le Dernier panache.

Ce projet cinématographique, surprenant pour une machine touristique étant déjà fort occupée à gérer 2.200 employés et plus de 2 millions de visiteurs par an, étonne encore plus quand on sait que ce ne sera pas son dernier. Loin de là. La société de production Puy du Fou Films, filiale du parc, a en effet été créée en 2021 avec le but de lancer d’autres créations audiovisuelles.

« L’idée c’est que le Puy du Fou puisse lui-même apporter ses propres contenus à l’écran, justifie Nicolas de Villiers. Nous pensons que nous pouvons projeter des histoires complémentaires à celles que nous racontons sur scène. Le long métrage est la voie royale pour se lancer mais pourquoi pas proposer des séries ? Pourquoi pas des documentaires ? On ne s’interdit rien. »

Le contenu? Des « films à grand spectacle »

A en croire le fils de Philippe de Villiers, ancien homme politique souverainiste et fondateur du parc à thème vendéen, cette diversification de la société Puy du Fou est issue d’une « réflexion profonde » lors de la crise sanitaire. « Personne ne nous attendait sur ce créneau. Mais je crois que c’est dans notre ADN de chercher à surprendre en étant créatifs », justifie Nicolas de Villiers qui ne cache pas que « faire un jour du cinéma était un rêve d’enfant ».


Extrait de "Vaincre ou mourir", premier film produit par le Puy du Fou, traitant des Guerres de Vendée.
Extrait de "Vaincre ou mourir", premier film produit par le Puy du Fou, traitant des Guerres de Vendée. - C.Tamalet /Puy du Fou Films

Quels seront donc les futurs contenus que Puy du Fou Films entend promouvoir à l’écran ? « Un cinéma familial », prévient son président. Pas de science-fiction ou de grandes comédies, toutefois. Plutôt des « films à grand spectacle, ce qui n’est pas toujours simple en France parce que parfois les moyens manquent. Ensuite du cinéma qui soit inspiré de l’Histoire, c’est un peu notre marque de fabrique. Il y a en France une matière merveilleuse, des histoires fabuleuses connues fans le monde entier. »

Pour gagner du temps et diminuer les coûts, le matériel mobilisé à l’année sur le parc sera en partie mis à contribution. « Nous avons 60.000 costumes au Puy du fou, toutes les époques possibles. Des décors extrêmement sophistiqués. Des chevaux très habitués à l’homme, à toutes sortes de défis sportifs. C’est une vraie force d’avoir tout ça sur place. » Des prestataires habituels du parc, pour les effets spéciaux ou le mixage sonore par exemple, seront sollicités. « Le cinéma est un monde qui n’est pas si éloigné du nôtre », observe Nicolas De Villiers.

Les critiques? « On ne peut pas se comprendre »

Quant aux critiques de plus en plus exprimées, en particulier par certains historiens, pointant la volonté du Puy du Fou de présenter une version erronée de l’Histoire de France à des fins politiques, Nicolas de Villiers se dit « pas plus ébranlé que ça ». « Nous sommes dans la logique de l’artiste, comme les cinéastes du monde entier d’ailleurs. Chaque film est porteur d’une vision, parfois d’un message, c’est tout à fait naturel. Nous, au Puy du Fou, nous cherchons la part de lumière dans chaque homme et femme qui a forgé notre Histoire. L’historien, lui, cherche la vérité sur des faits ponctuels. Demander à des historiens de commenter le travail du Puy du Fou c’est un peu comme demander à Fabien Galthié, entraîneur du rugby français, de commenter le jeu de Nadal au tennis. Ce n’est pas le même sport, on ne peut pas se comprendre. »

Le patron du Puy du Fou poursuit, cassant. « Ces historiens, je crois qu’ils ont dû vendre 2.000 ou 3.000 ouvrages. Nous, nous avons 2,5 millions de visiteurs. La différence entre eux et nous, elle se voit aussi au succès. »



Le film Vaincre ou mourir est distribué par Studio Canal (filiale de Canal + contrôlé par Vivendi) ainsi que par Saje, une société spécialisée dans la promotion de films chrétiens. Cette dernière avait notamment distribué le film anti-avortement Unplanned, dont la diffusion sur C8 avait fait polémique en 2021.

Avec environ 2,3 millions de spectateurs, le Puy du Fou s’est classé en 2022 à la troisième place (derrière Disneyland et le Parc Astérix) des parcs à thème français en termes de fréquentation. Le parc vendéen affiche également depuis plusieurs années son ambition à l’international, avec notamment la création du Puy du Fou España, près de Tolède en Espagne.