« Un beau matin » : Léa Seydoux et Pascal Greggory en fille et père désunis par la maladie d’Alzheimer

drame Léa Seydoux et Pascal Greggory livrent des compositions sensibles dans « « Un beau matin » de Mia Hansen-Love en salle ce mercredi

Caroline Vié
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Pascal Greggory et Léa Seydoux dans «Un beau matin» de Mia Hansen Love
Pascal Greggory et Léa Seydoux dans «Un beau matin» de Mia Hansen Love — Les Films du Losange
  • Dans « Un beau matin », Mia Hansen-Love explore la relation d’une jeune femme avec son père qui perd la tête.
  • Elle s’est inspirée de son propre passé pour construire son scénario.
  • Ses interprètes, Léa Seydoux et Pascal Greggory, sont impeccables dans les rôles principaux d’un film qui n’est jamais plombant.

Dans Un beau matin de Mia Hansen Love, Léa Seydoux et Pascal Greggory sont proprement bouleversants : elle joue une maman seule qui doit gérer sa fillette. Lui incarne son père progressivement englouti par la maladie d’Alzheimer. « C’est une histoire d’amours au pluriel, confie Léa Seydoux à 20 Minutes. Celui d’un père et d’une fille mais aussi celui que redécouvre cette jeune femme pour un ancien amant de retour dans sa vie. »



Melvil Poupaud et Nicole Garcia complètent la distribution de ce film sensible découvert en mai dernier à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes. La réalisatrice de Bergman’s Island a puisé dans ses rapports avec son propre père pour raconter son histoire. « Elle m’a confié des enregistrements de ce dernier pour m’aider à bâtir ma prestation », précise Pascal Greggory.

Une véritable relation filiale

Les comédiens se sont évidemment sentis une responsabilité à l’idée de plonger dans la vie passée de la cinéaste. « Mia possède un mélange de précision et de sensibilité remarquable, insiste Léa Seydoux. Elle a su créer une véritable relation filiale entre Pascal et moi. Nous nous sommes tous les deux laissés emporter dans sa dynamique. » La force de la relation entre les deux personnages était la condition sine qua non pour que le spectateur soit, lui aussi, conquis par Un beau matin dont le titre s’inspire d’un poème de Jacques Prévert.

« Je n’ai pas connu l’expérience d’Alzheimer dans ma famille, reconnaît Pascal Greggory. Aussi me suis-je plié aux instructions de Mia qui me guidait précisément pour trouver le langage corporel de mon personnage dont la dégradation est zébrée de brefs moments de lucidité. » Sur un sujet plombant, la réalisatrice parvient à signer une œuvre qui ne l’est pas, tant sa tendresse pour ses héros et ses interprètes affleure à chaque plan.

Une liberté très surveillée

« Mia parvient à vous donner une impression de liberté tout en vous faisant bien comprendre qu’elle sait exactement où elle va », constate Léa Seydoux. Le résultat est une œuvre dont chaque protagoniste se révèle attachant en essayant de faire de son mieux face à des situations pas faciles. « C’est la première fois que j’arrive à oublier que c’est moi qui suis à l’écran quand je regarde un film dans lequel je joue », avoue Pascal Greggory. Léa Seydoux et lui semblent touchés par la grâce d’Un beau matin.