« Le Sixième enfant » : Deux couples et un marché terrible autour d’un enfant

Drame Léopold Legrand a remporté quatre prix au Festival du Film Francophone d’Angoulême pour le captivant « Le Sixième enfant » en salle ce mercredi

Caroline Vié
Damien Bonnard, Judith Chemla, Sara Giraudeau et Benjamin Lavernhe dans « Le Sixième enfant »  de Léopold Legrand
Damien Bonnard, Judith Chemla, Sara Giraudeau et Benjamin Lavernhe dans « Le Sixième enfant » de Léopold Legrand — Pyramide distribution
  • Des d’avocats en mal d’enfant passe un accord avec un couple désargenté qui attend un sixième bébé.
  • Des interprètes touchés par la grâce font vibrer cette œuvre sensible.
  • « Le Sixième enfant » est un premier film touchant qui a conquis le public et le jury du Festival d’Angoulême.

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Le Sixième enfant, premier long métrage de Léopold Legrand, a remporté le Prix du public, celui de la musique pour Louis Sclavis et celui du scénario au Festival du Film Francophone d’Angoulême. Les actrices Judith Chemla et Sara Giraudeau se sont, quant à elles, partagé un trophée pour leur interprétation, la première en maman qui a trop d’enfants, la seconde en avocate qui ne parvient pas à tomber enceinte.



Avec l’accord de leurs époux respectifs (Damien Bonnard et Benjamin Lavernhe), elles passent un accord improbable pour que la famille riche élève le nouveau bambin que les ferrailleurs n’ont pas les moyens de garder. Cet arrangement illégal va plonger le quatuor dans des ennuis qui met leur entente, puis leur santé mentale, en péril. Le réalisateur ne tombe dans aucun des panneaux que pouvait laisser craindre cette adaptation de Pleurer des rivières, roman d’Alain Jaspard (éd. Héloïse d’Ormesson). Le pathos n’est pas de mise dans le film.

Une bienveillance sans complaisance

« Mon film raconte la rencontre de deux mondes qui se fréquentent peu, souligne le réalisateur. Nous avons essayé de monter cette rencontre sans la caricaturer. » Le couple issu des gens du voyage comme leurs interlocuteurs plus aisés sonnent juste quand ils sont réunis autour de leur but commun : le bonheur de l’enfant à naître. La chronique familiale prend des allures de suspense pour décrire l’évolution de personnages toujours traités avec une bienveillance qui exclut toute complaisance. C’est un bien joli talent que révèle Léopold Legrand.