«Tête de turc», un baptême du feu réussi

CINEMA L'acteur Pascal Elbé sort son premier film...

Caroline Vié

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Samir Makhlouf interprète un jeune dont la vie bascule à la suite d'un geste stupide.
Samir Makhlouf interprète un jeune dont la vie bascule à la suite d'un geste stupide. — WARNER BROS

Tout peut basculer en un instant : telle pourrait être la philosophie de Tête de Turc, premier film du comédien Pascal Elbé. Un gamin sage qui lance un cocktail incendiaire sur la voiture d'un médecin urgentiste fait basculer sa vie et celle de nombreuses autres personnes dans une spirale de mensonges et de trahisons. Ce geste stupide, accompli par bravade et en toute inconscience, est l'élément déclencheur d'une série de péripéties savamment dosées.

Samir Makhlouf, belle révélation


Entre le gamin traité en héros pour avoir finalement secouru sa victime, sa mère résolue à le voir s'intégrer, le frère policier du médecin à la recherche du coupable et un veuf fou de douleur dont le docteur aurait pu sauver la femme, l'action va crescendo sans le moindre temps mort.

Elbé n'appuie jamais le trait pour décrire des personnages tentant de faire au mieux dans une situation sur laquelle ils n'ont qu'une vue limitée. Le cinéaste, qui joue lui-même la victime, s'est bien entouré: Roschdy Zem, flic vengeur, et Ronit Elkabetz, maman forte, s'effacent devant la révélation du film, Samir Makhlouf, éblouissant dans le rôle d'un enfant confronté à un cas de conscience trop lourd pour lui. La force du film est de le rendre sympathique sans l'excuser. Tête de Turc, œuvre solidement charpentée, vibre en douceur d'une profonde humanité.

 

 

Faits divers

Pascal Elbé s'est inspiré du drame de Mama Galledou, grièvement brûlée dans un bus marseillais en 2006, pour écrire Tête de Turc. Il avait été fasciné par le fait que ses attaquants ne semblaient pas conscients de la gravité de leur acte.