«Max et et les Maximosntres», une maxi-réussite méga-originale

FANTASTIQUE Le nouveau film de Spike Jonze revisite magistralement un merveilleux conte pour enfants...

Caroline Vié

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Peu de Français connaissent le superbe livre de Maurice Sendak (paru à L'Ecole des loisirs). Max et les Maximonstres, voyage dans un pays étrange d'un petit garçon capricieux, est pourtant un classique de la littérature enfantine dans les pays anglo-saxons. On pourrait presque le comparer au Petit Prince par sa poésie et sa fausse naïveté.

«Ce livre reflète de façon simple et profondément juste l'univers de l'enfance», précise Spike Jonze, qui s'est approprié l'ouvrage pour le métamorphoser en long métrage. Dans cette version cinématographique, Max, interprété sobrement par Max Records, est un gamin de 9 ans sensible qui fuit le divorce de ses parents. Son périple dans un monde peuplé de créatures gigantesques incarnées par des acteurs en costume a quelque chose de poétique et de dérangeant.

«Mon film est accessible pour toutes les tranches d'âge»

«Ce choix esthétique me semblait capital pour retrouver l'univers décalé du livre», précise Jonze. Le réalisateur de Dans la peau de John Malkovich n'a rien perdu de son potentiel d'envoûtement. Il offre un moment de magie pour petits et grands qu'il entraîne sur une espèce d'«Ile aux enfants» décalée. «Mon film est accessible pour toutes les tranches d'âge, déclare-t-il, car j'espère que chacun pourra y dénicher matière à réflexion.»

En choisissant de filmer à la hauteur de son petit héros, Spike Jonze renvoie son public à ses rêveries enfantines avec tout ce qu'elles comportent de sombre et de lumineux. La découverte du royaume des Maximonstres a tout du conte de fées initiatique dans la façon dont le cinéaste fait percevoir avec empathie le délicat passage de son héros du côté de la maturité. Drôle et triste, tendre et cruel, ce film exceptionnel a pris des libertés avec l'ouvrage qui l'a inspiré tout en conservant l'essentiel: l'émotion et la beauté.