Visite poignante au parloir

DRAME «Qu’un seul tienne et les autres suivront» bouleverse par sa sincérité...

Caroline Vié

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Le premier film de Léa Fehner est tout en pudeur et en intensité.
Le premier film de Léa Fehner est tout en pudeur et en intensité. —

Une adolescente amoureuse d'une petite frappe, une maman algérienne désireuse de rencontrer l'assassin de son fils et un délinquant paumé sont les trois héros d'un drame humain bouleversant. Qu'un seul tienne et les autres suivront, premier film de Léa Fehner, suit les itinéraires parallèles de personnes n'ayant qu'un seul point commun : ils se retrouvent au parloir d'une prison.

« Je voulais explorer le paradoxe entre solitude et communauté, qui se vit très fortement dans cet endroit », précise la cinéaste. Léa Fehner connaît bien son sujet pour avoir travaillé pendant six ans dans une association venant en aide aux familles des détenus de Fleury-Mérogis. Mêlant des histoires réelles à une fiction taillée au cordeau, elle livre une oeuvre sans concession sur les dommages subis par les proches des prisonniers. Reda Kateb (vu dans Un prophète, de Jacques Audiard), Marc Barbé, Vincent Rottiers, Pauline Etienne et Farida Rahouadj se sont mis au diapason du parti pris de sobriété de la réalisatrice. Leur jeu tout en retenue rend d'autant plus sensible le calvaire d'êtres qui ont perdu leur liberté par procuration. Le face-à-face entre la mère et le meurtrier de son fils est exemplaire par sa pudeur et son intensité. Il est emblématique d'un film sincère, qui laisse augurer le meilleur pour la carrière de la jeune cinéaste.


Qu'un seul tienne et les autres suivront Bande Annonce film