Fellini, un bourreau de travail obsédé par les inconnus

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D. SECCHIAROLI

Comme si ça ne suffisait pas. En plus d'une rétrospective à la Cinémathèque française, d'une expo au Jeu de Paume, d'un cycle de rencontres à l'Institut cul­turel italien à Paris, de l'édition en DVD de son chef-d'oeuvre 8 1/2 (Gaumont), Car­lotta enfonce le clou en publiant aujour­d'hui Fellini au travail, un double DVD contenant sept heures de documentaires rares.

On voit ainsi le Maestro éructer, gesti­culer comme un beau diable, mais pas seulement. Ses confessions intimes révèlent un homme drôle et chaleureux, notamment à l'égard des figurants qu'il convoquait via des annonces dans la presse : « Federico Fellini est prêt à rencontrer tous ceux qui veulent le voir. » Et dont il collectionnait les portraits. Il faut les voir tenter de con­vaincre le cinéaste qu'ils sont bien « felliniens » !

Un « casting de grotesques », dit Sam Stourdzé, commissaire de l'exposition du Jeu de Paume et responsable de cette édition DVD, qui signe en plus le livre Fellini la grande parade (Anabet édition), où figurent les 335 photos de l'expo. Un complément idéal à Federico Fellini ­(collection Positif), ouvrage compilant les articles parus dans la revue de cinéma, avec analyses et entretiens fameux. Comme celui où Fellini reprend une journaliste venue exprès le voir à Rome : « Ornella, tu devrais le savoir. Poser des questions, c'est mal élevé. » W

S. L.