Dans le vif de Tel-Aviv

Ohiana Gabriel

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The Bubble ou la tentative des jeunes de Tel-Aviv de s'extraire de ce qui lesétouffe.
The Bubble ou la tentative des jeunes de Tel-Aviv de s'extraire de ce qui lesétouffe. — NANA PRODUCTIONS / SIPA

The Bubble

(la bulle), titre d'un film d'Eytan Fox, résume bien la ­complexité de Tel-Aviv. Une ville au centre d'un conflit dont elle cherche à s'extraire. La cinématographie foisonnante ­provenant de cette cité en reflète bien les paradoxes et soulève des ­questions gênantes : l'homosexualité, les difficultés des Palestiniens, une certaine insouciance.

A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 29 novembre, le Forum des Images, à Paris, consacre un cycle de quatre-vingts films tournés à Tel-Aviv. Du cinéaste Amos Gitaï à Gira ­Almagor, la Deneuve israélienne, les invités sont prestigieux. « Au début, on ­hésitait entre Jérusalem et Tel-Aviv, raconte Laurence Herszberg, coprogrammatrice du cycle et directrice du Forum des Images. Tel-Aviv s'est vite révélé un choix moins ­monolithique. » En effet, ces films montrent une ­société sous ses multiples angles : évocation poétique de la place des femmes avec Les Méduses d'Edgar Keret et Shira Geffen, séquelles de la Shoah dans Tu marcheras sur l'eau... « Dans les ­années 1980, le cinéma était très ­politique, analyse Laurence Herszberg, alors qu'aujourd'hui le conflit est toujours là, mais on sent une revendication de constituer une société, avec ses ­problèmes ­d'immigration, ses ­relations entre hommes et femmes, ses questions ­religieuses. » W