«Jennifer's body»: une belle goule au sang chaud

CINEMA L’actrice Megan Fox met en appétit dans «Jennifer’s Body»

Caroline Vié

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Une étudiante sexy transforme ses ­copains en plat du jour dans Jennifer's Body, comédie mordante et appétissante. Derrière la caméra, c'est une affaire de femmes : Karyn Kusama, la réalisatrice de Girlfight, et Diablo Cody, la scénariste oscarisée de Juno, jouent avec les codes des films pour adolescents. «Je voulais écrire sur mes peurs, sur quelque chose d'étrange et d'angoissant, mais qui reste drôle. Je me suis demandée ce qui m'effrayait vraiment dans la vie et j'ai trouvé: les filles», s'amuse Diablo Cody, qui envoie la sculpturale Megan Fox manger ses camarades de classe.

Le spectateur va frissonner

Les scènes gore, aussi drôles que culottées, mêlent sexe et horreur avec un enthousiasme gaillard. Quand la belle séduit ses proies avant de les dévorer, elle le fait avec ce mélange d'attraction et de répulsion propre aux amours adolescentes. Et sa bouche gigantesque aux dents acérées fera très certainement frissonner le public masculin en le renvoyant à ses peurs les plus intimes. Film d'épouvante bien mené, Jennifer's Body se révèle aussi un ­portrait au vitriol de la vie lycéenne. La relation entre l'héroïne et sa meilleure amie (jouée par Amanda Seyfried, l'autre révélation du film) est montrée de façon encore plus féroce que les massacres perpétrés par la belle goule.