Un joli pas de deux amoureux

Caroline Vié

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Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain apparaissent complicesà l'écran.
Vincent Lindon et Sandrine Kiberlain apparaissent complicesà l'écran. —

Ils se sont aimés et séparés à la ville. Les voici réunis à l'écran, forts d'une relation réelle qui rend leur complicité crédible dans Mademoiselle Chambon. Vincent Lindon apparaît touchant de maladresse dans la peau d'un maçon heureux en ménage tout surpris de tomber amoureux d'une autre femme que la sienne. Sandrine Kiberlain vibre autant que son violon en institutrice esseulée et mélomane tombant sous le charme de ce père d'élève timide. Leur pas de deux est filmé avec une infinie délicatesse par Stéphane Brizé.

Un air de musique joué de dos ou un baiser tendrement sensuel forment les points d'orgue d'une passion entre deux êtres ordinaires. « C'est une histoire simple », précise le cinéaste qui, pour porter à l'écran un roman d'Eric Holder, a privilégié les jeux de regards au choc des corps. Le film, sensible, évoque Sur la route de Madison par sa façon délicate de traiter les amours de deux êtres parvenus à un carrefour de leur vie.

Les rapports entre l'homme volage et son épouse, jouée par Aure Atika, sont décortiqués avec autant de pudeur que ceux de ce fils quadragénaire avec son père, interprété par Jean-Marc Thibault. Une scène de fête de famille où tous les personnages se retrouvent témoigne de la maestria de Brizé à jouer les chefs d'orchestre pour des interprètes inspirés. La mélancolie qui se dégage du film est à la fois profonde et légère, comme un souffle de vent automnal. W