Deux homos et un couffin

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Ils sont jeunes, beaux et riches, homos se rêvant parents.

Ils ont décidé d'adopter un enfant, ce qui ne pose aucune difficulté en Suède. Le couple très « bobo » des Joies de la famille n'est pourtant pas au bout de ses surprises. Joies et peines. Car la réalisatrice suédoise Ella Lemhagen n'élude pas l'homophobie que suscite l'homoparentalité.

Ses héros trop parfaits, vivant dans une banlieue proprette qu'on croirait sortie d'une pub, vont très vite se retrouver confrontés à la bêtise ambiante et à la méfiance de leur voisin. En Suède aussi, les gens peinent parfois à faire la différence entre homo et pédophile ! Malgré la gravité de certaines scènes, l'humour reste quand-même l'ingrédient principal de cette comédie aux saveurs de bonbon acidulé. L'originalité de l'ensemble vient justement de la liberté de ton employée pour parler de sujets qui ne prêtent pas forcément à rire. De coups de gueule dans des services sociaux dépassés en moments de complicité avec leur fils adoptif, les papas offrent au spectateur une belle histoire d'amour en même temps qu'une réflexion sur la différence. On peut reprocher au film un happy-end un peu artificiel, mais l'ensemble vibre d'une générosité touchante et communicative. W

C. V.