Des femmes libérées comme elles ont pu

Caroline Vié

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Une petite ville au bord de la mer sert de décor à Mère et filles, très joli film de Julie Lopes-Curval, qui met aux prises une mère disparue après voir quitté le domicile conjugal, sa fille qui ne lui a jamais pardonné cet abandon et l'enfant de cette dernière, bientôt sur le point de devenir maman à son tour. « J'avais envie de parler de la place de la femme aujourd'hui, et de l'évolution de sa situation depuis quelques années : le rôle qu'on lui assigne, la liberté qu'elle a pu gagner », explique la réalisatrice. Sa démonstration s'appuie sur les performance d'un trio de comédiennes merveilleuses. Catherine Deneuve, écrasante d'autorité, tente d'intimider Marina Hands, jeune femme en quête de révélation sur sa grand-mère. Marie-Josée Croze, belle et tragique en femme de notable écrasée par la vacuité d'une vie luxueuse, campe cette dernière lors de flash-backs révélateurs de la condition féminine il n'y a pas si longtemps. C'est avec une grande sobriété que la cinéaste trace un trait d'union entre passé et présent pour brosser les portraits d'héroïnes du quotidien. Elle ouvre la boîte aux secrets d'une famille ordinaire pour souligner leur évolution des années 50 à nos jours, entre une épouse à la merci de son mari et une femme indépendante prête à faire un bébé toute seule.