Un Petit Nicolas trop bon élève

CINEMA L'oeuvre de Sempé et Goscinny est portée à l'écran par Laurent Tirard...

Caroline Vié

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L'écolier créé par Sempé et Goscinny en 1959 aura donc attendu un demi-siècle pour connaître les honneurs du grand écran. On l'aurait espéré plus mordant, plus vivant, à défaut d'être insolent. Laurent Tirard, le réalisateur de Molière, l'a imaginé vivre une vie paisible entre sa famille et l'école, jusqu'au jour où il se persuade que ses parents vont se débarrasser de lui: il faut faire de la place pour un bébé.

Comédie souriante, mais san punch

Les amoureux des livres retrouveront avec plaisir des figures familières, du Bouillon, campé par François-Xavier Demaison, à la maîtresse, jouée par Sandrine Kiberlain. Les parents (Kad Merad et Valérie Lemercier) et les copains d'école - Agnan le chouchou ou Alceste, qui mange tout le temps - se glissent dans le moule d'une adaptation à laquelle il ne manque ni un bâton de craie, ni un bouton de culotte. Ce sens du détail d'un réalisateur qu'on sent pétrifié par son modèle définit les limites d'une comédie souriante, mais totalement dépourvue de punch.

 

On peut fondre pour ces personnages emblématiques d'une France désuète et fantasmée, indémodable parce qu'elle n'a jamais existé. Mais le scénario, trop ténu, peine à relier entre elles des vignettes promenant les héros de la salle de classe au pavillon de banlieue, en passant par le terrain vague. Certaines situations, notamment le dîner avec le patron, s'étirent même inutilement en longueur. S'il se réclame de Jacques Tati et de Wes Anderson, Laurent Tirard est loin de retrouver ici la folie douce de ses modèles.