«Je m'intéresse aux sentiments extrêmes»

INTERVIEW Le réalisateur de «Thirst», Park Chan-wook répond aux questions de 20minutes...

Recueilli par C.V.

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Dans quel genre classeriez-vous Thirst ?

C'est indéniablement un film fantastique, mais je mélange tellement les genres qu'il pourrait être pris aussi bien pour une comédie noire que pour un mélodrame. Je n'ai envie de rentrer dans aucune case : je veux juste raconter des histoires.

Pourquoi avoir réalisé un film de vampire ?

C'est un sous-genre du cinéma fantastique, qui permet d'aborder des thèmes comme le sexe et la violence de façon attrayante pour le public. Les buveurs de sang font à la fois rêver et frissonner. Ils ont une dimension sexuelle indiscutable.

C'est ce que vous avez essayé de creuser avec votre acteur ?

Il était indispensable que Song Kang-ho soit attirant pour que l'histoire d'amour passionnelle entre vampires fonctionne. J'ai entendu dire que les femmes le trouvaient à leur goût dans le film et je me suis empressé d'aller le lui répéter.

N'avez-vous pas peur de choquer ?

Je ne considère pas les choses comme ça. Je m'intéresse aux sentiments extrêmes et ce sont eux que j'ai envie de faire vivre à mes personnages et aux spectateurs. Rien ne serait pire que de voir le public rester indifférent. Cela serait un échec pour moi en tant que cinéaste.

Est-ce important pour vous d'être récompensé à Cannes ?

Bien sûr, mais cela l'est aussi pour mon pays. Déjà, quand Old Boy a été couronné en 2004, c'est la Corée tout entière qui a eu l'impression de recevoir un prix et de voir son cinéma exister dans le monde.