Des différences joliment modelées

ANIMATION «Mary&Max», révélation de la semaine...

Caroline Vié

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Mary, une petite Australienne,écrit à son correspondant new-yorkais.
Mary, une petite Australienne,écrit à son correspondant new-yorkais. — GAUMONT

C'est drôle, c'est cruel, et pourtant, «Mary&Max» n'est pas un film d'animation pour enfants. Grand prix au Festival d'Annecy, ce conte en pâte à modeler d'Adam Elliot suit l'amitié épistolaire d'une gamine australienne et d'un autiste new-yorkais. «Mon film a plus été influencé par les photos de Diane Arbus que par Wallace & Gromit, auxquels on assimile souvent mon travail, nous explique Elliot, qui signe son premier long métrage après avoir reçu un oscar pour Harvie Krumpet (visible sur YouTube). C'est une fable en forme de lasagnes : chaque niveau de lecture célèbre à sa façon la beauté des différences.»

Correspondance avec un autiste

Le cinéaste australien s'est inspiré de la correspondance qu'il entretient depuis plus de vingt ans avec un autiste américain. Petits cadeaux, échanges de pensées, joies ponctuelles et coups du sort rythment les rapports de deux êtres qui s'apporteront beaucoup sans jamais se rencontrer. Ce monde gris où chante soudain le rouge d'un pompon ou d'un bijou fait penser à David Lynch dans sa période Elephant Man. «C'est l'un de mes films de chevet», précise Elliot. Les thèmes traités (maladie mentale, suicide) feront déconseiller Mary & Max à un public trop jeune. Mais sa poésie sombre, son humour désabusé et son humanité sont la marque d'un grand auteur au talent singulier. 
 


Mary et Max - Bande-annonce HD VOST