Fanny Ardant: «J'ai souvent pensé à Truffaut»

INTERVIEW Elle réalise «Cendres et sang», son premier long métrage...

Recueilli par Caroline Vié

— 

Pourquoi êtes-vous passée à la réalisation?

En fait, je portais ça en moi depuis longtemps, mais ma carrière de comédienne ne m'en laissait pas le temps. J'ai fini par me décider car cette histoire m'a emportée.

Est-ce facile de débuter avec un drame?

Cela correspond à ma nature profonde : même lorsque j'ai participé à des comédies en tant qu'actrice, j'ai toujours considéré les personnages du point de vue dramatique. On se sent moins seul quand on sort d'un film dont les héros ont été malmenés.

Pourquoi ne pas avoir joué vous-même le personnage interprété par Ronit Elkabetz?

Au départ, j'en avais très envie, puis je me suis dit que cela faisait trop de responsabilités. J'ai donc pensé à Ronit, qui me ressemble un peu et qui a apporté une vraie complexité à cette mère courageuse.

Le tournage n'a pas été trop plombant?

Bien au contraire ! La motivation compensait l'absence d'argent: nous étions tous très passionnés. Le passage du film au Festival de Cannes a prolongé cette expérience. J'ai eu l'impression de vivre un rêve.

Est-ce pour cela que l'ambiance flirte avec le fantastique?

C'est vrai qu'on peut le prendre comme cela parce que j'avais des images précises en tête, comme des tableaux qui me hantaient. J'aimerais que les spectateurs se laissent emporter dans mon univers sans se soucier de tout saisir.

Avez-vous pensé à des réalisateurs avec lesquels vous avez travaillé?

Oui, à François Truffaut. J'aurais aimé le consulter. Pas pour les grandes décisions, mais pour de petites choses: une tenue ou une réplique. C'est dans la trivialité du quotidien que l'absence se fait le plus sentir.

 
CENDRES ET SANG Bande Annonce du film