Au Festival de Deauville, les Planches se gondolent

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Crise, quelle crise ? La crise de rire évidemment.

« Vu le contexte économique, les spectateurs ne veulent pas se prendre la tête » nous rappelait récemment Todd Phillips, le réalisateur du très déjanté Very Bad Trip, face au forcing actuel de la comédie dans la production US. Le festival du cinéma américain de Deauville, sa vitrine française, jouera donc à fond la carte de la bonne humeur. Le temps que les studios terminent de peaufiner les grosses bastons prévues pour la fin de l'année : 2012, Zombieland ou Avatar. Les amateurs de sensations fortes se contenteront de District 9 et Ultimate Game, deux films futuristes qui détonnent un peu face à un Sandra Bullock qui force son assistant à l'épouser dans La Proposition, pour obtenir des papiers. Ou par Meryl Streep, qui mitonne les plats de Julie et Julia avec des zestes d'humour comme pour en adoucir le goût. C'est la tendance soft de la comédie américaine actuelle. « Ce type de films s'adresse à un public presque exclusivement féminin », se moque Jude Apatow, qui semble regretter que « les femmes apprécient assez peu les histoires de mecs qui se bourrent la gueule ! » Révélé à Deauville avec En cloque (mode d'emploi), le réalisateur excelle dans un registre potache un peu trash, très en vogue outre-Atlantique. Une tendance lourde dont Humpday, avec ses deux gars qui se lancent dans le tournage d 'un porno gay, est un des tout derniers avatars.

Pour autant, ce que le public français aime surtout de la comédie US, c'est son humour décalé. Comme avec Little Miss Sunshine présenté à Deauville en 2006 avant que le film devienne le succès que l'on sait. La surprise pourrait venir cette année de 500 jours ensemble, où la ravissante Zooey Deschanel refuse de croire à l'amour. Ou de World's greatest Dad, avec Robin Williams qui rêve de devenir célèbre. Caroline Vié et Stéphane Leblanc