«Inglourious Basterds», scènes de guerre pas ordinaires

CRITIQUE Très attendu, le dernier film de Quentin Tarantino détient une bonne partie des ingrédients qui réjouissent les fans du cinéaste...

Alice Antheaume

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Brad Pitt dans le dernier film de Quentin Tarantino, "Inglorious Basterds"
Brad Pitt dans le dernier film de Quentin Tarantino, "Inglorious Basterds" — Universal Pictures International France
Le topo si vous avez manqué le début
Tout commence par le massacre d’une famille juive, cachée sous le plancher de fermiers, par le Colonel SS Hans Landa (Christoph Waltz) et ses sbires. L’une des filles, Shosanna Dreyfus (Mélanie Laurent), parvient par miracle à s’échapper. On la retrouve quelques années plus tard à Paris, devenue directrice d’un cinéma, et avide de vengeance. De leur côté, une bande de soldats américains (les «basterds») emmenée par Aldo Raine (Brad Pitt) ne fait pas la dentelle pour scalper les nazis.

Les têtes à retenir
La surprise de ce film, c’est l’acteur autrichien Christoph Waltz, «chasseur de juifs» imperturbable qui, pour parvenir à ses fins, manie les langues avec virtuosité. Une performance saluée au festival de Cannes par le prix (mérité) de la meilleure interprétation masculine. Brad Pitt, lui, a un accent de sudiste à couper au couteau. Quant à Mélanie Laurent, elle est épatante en rescapée.

Backstage
Il aura fallu pas moins de dix ans à Quentin Tarantino pour faire ce film. Et très peu de temps pour engager Brad Pitt. «Quentin est venu me rendre visite à la fin de l’été (dernier, ndlr) pour me donner le script, a raconté l’acteur, lors du festival de Cannes. On a beaucoup discuté, parlé de cinéma, bu cinq bouteilles de vin et fumé de drôles de trucs, et voilà, quelques mois, plus tard, j’étais le lieutenant Aldo Raine.»

Le plus du film
Des dialogues souvent hilarants, des références cinéphiles en cascade (Les douze Salopards, De l’Or pour les braves, etc., difficilement identifiables pour qui ne connaît pas par cœur l’encyclopédie du cinéma), quelques séquences gores, une mise en scène à couper le souffle, notamment pour la scène d’ouverture et celle qui clôt le film. Et une mise en abyme diabolique du cinéma: c’est en fait la bobine en nitrate d’un film qui va tuer les nazis, dans le cinéma de Shosanna. «C’est une métaphore juteuse que ce soit le cinéma qui gagne contre le IIIe Reich, jubile Quentin Tarantino, interviewé dans Les Inrocks.

Le moins du film

Quelques longueurs (2h28) et une liberté avec l’histoire qui peut désarçonner. «Je ne prends personne en traître, c’est un conte, une fiction et c’est affirmé d’emblée», se défend le cinéaste.

La réplique qui tue
«Notre truc, c’est de tuer du nazi. Et crois moi, c’est un truc en plein boom», annonce Brad Pitt, en guise de prélude.

La vidéo