«Terminator: Renaissance», John Connor est de retour

Selim Miled
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Terminator 4, avec Christian Bale
Terminator 4, avec Christian Bale — Sony Pictures Releasing France

Véritable monument du cinéma de la fin des années 80, la saga «Terminator» a totalement raté son entrée dans le nouveau millénaire avec un troisième volet en demi-teinte. Séance de rattrapage dès le 3 juin avec «Terminator : Renaissance».

 

 

I am back, again

C’était inévitable, la guerre entre les hommes et les machines a enfin éclaté et il n’y a plus rien à faire que de combattre Skynet et ses armées de Terminators. John Connor, bête noire ultime des machines, n’est pas encore le leader de la rébellion mais le casse-cou qui va à l’encontre de l’état-major humain. Ce dernier a un plan pour gagner la guerre, et c’est parti pour deux heures d’action rondement menée. Réalisation, musique, effets spéciaux, d’un point de vue technique il n’y a pas grand-chose à redire, surtout sur les vingt dernières minutes qui ne laissent que peu de temps de souffler. Mention spéciale pour les hommages à la première trilogie, aussi évidente que l’apparition de Swchwarzy (en image de synthèse), ou plus subtiles comme l’explication de la cicatrice de John que l’on entrevoit dans «Terminator 2». Le réalisateur McG a affirmé être un fan, et on veut bien le croire.

 

Un cœur de Terminator

Seulement, et c’est d’ailleurs la morale du film, peu importe le squelette, c’est le cœur qui fait l’homme. Le film en manque cruellement, et lui trouver une touche propre s’avère une tâche bien ardue. De la position prophétique contestée du héros, à l’image de Neo dans «Matrix», à des répliques délavées («si tu braques quelqu’un avec une arme, tu ferais mieux d’être prêt à tirer»), on nage dans les clichés du cinéma hollywoodien. Les dialogues sont vides et le scénario inutile: des tares caractéristiques de la saga mais que l’on ne peut plus négliger comme il y a vingt ans. Les personnages sont peu creusés, facilitant un jeu d’acteur dans l’ensemble très correcte. A l’image de «Batman : The Dark Knight», Christian Bale et son John Connor nécessairement trop frigide se font voler la vedette par Sam Worthington auquel le public pourra bien plus facilement s’identifier.

 

Point de philosophie ni guère plus de profondeur, seulement de l’action pure et dure comme on sait la faire en série à Hollywood. Tout juste dans les standards des deux premiers films, «Terminator : Renaissance» ravira un public dont les exigences n’ont pas évolué depuis 1984, ou qui cherche simplement à se distraire. Et que les fans inconditionnels ne se fassent pas de soucis, à coup sûr : «He’ll be back».