«Le Temps qu'il reste», le comique de répétition qui lasse

CRITIQUE Le troisième film du Palestinien Elia Suleiman figure dans la compétition pour la Palme d'or...

Alice Antheaume, à Cannes

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Elia Suleiman joue son propre rôle dans "Le Temps qu'il reste"
Elia Suleiman joue son propre rôle dans "Le Temps qu'il reste" — Marcel Hartmann

Le topo si vous avez raté le début

«Le Temps qu’il reste» est un film autobiographique dédié à la mémoire des parents du réalisateur, Elia Suleiman. Celui-ci n’est pas encore né quand, en 1948 débute son film, son troisième long-métrage, dans la ville de Nazareth envahie par l’armée d’Israël. Les parents du petit Elia y restent alors que certains membres de leur famille s'expatrient. On voit alors Elia enfant, puis ado, puis adulte, jouant son propre rôle, en silence.

Les têtes à retenir

Elia Suleiman, cheveux noirs et mèche blanche, observateur muet de sa propre histoire familiale. Mais aussi Saleh Bakri, déjà repéré dans le film israélien «La Visite de la fanfare». Ici, il joue Fuad, le père d’Elia, troublant avec ses yeux bleus perdus dans le vague.

Backstage

«Ce film s’inspire des notes de mon père écrites en 1948, et des lettres de ma mère aux autres membres de la famille qui ont dû quitter le pays», explique le cinéaste palestinien dans le synopsis.

Le plus du film

Le portrait d’une famille calquée sur l’histoire d’un pays (ou l’inverse) est bien vu. Ainsi que la mise en scène du temps qui passe.

Le moins du film

Les films d’Elia Suleiman se suivent et se ressemblent. Ses métaphores sont tellement explicites qu’on se demande si ce sont encore des métaphores. Notamment le moment où le réalisateur saute à la perche par-dessus un mur pour signifier qu’il passe outre la frontière entre les pays. Et la musique de fin, «Staying alive», pour dire qu’il doit rester vivant, lui, contrairement à ses parents. Autre déception: le comique de répétition de Suleiman auquel on devient hermétique.

La réplique qui tue

«Donne-moi "La Patrie", demande le père d’Elia Suleiman à un marchand de journaux. Lequel lui répond: «Il n’y a plus que "Tous les Arabes" comme journal».

La vidéo