Le Majestic, tête de pont sur la Croisette

CANNES L'hôtel ne connaît pas la crise côté hébergement, un peu côté restauration...

Alice Antheaume, à Cannes

— 

La façade de l'hôtel Majestic à Cannes, en mai 2009.
La façade de l'hôtel Majestic à Cannes, en mai 2009. — DR

C’est dans cet hôtel que logent Marion Cotillard, Rachel Weisz, Asia Argento, Jean-Pierre Bacri ou Johnnie To. Au Majestic, un palace quatre étoiles de la croisette, descendent aussi les membres du gouvernement comme Christine Albanel, la ministre de la Culture. C’est parce que «le Majestic est l’un des hôtels du groupe Barrière, un groupe français», avance Emmanuel Caux, le directeur de l’établissement, tandis que les autres palaces de la Croisette, le Carlton et le Martinez, appartiennent à des grands groupes américains.

A pied

Ce qui plaît aux clients du Majestic, c’est surtout la proximité de l’hôtel avec la montée des marches du palais des festivals (5 minutes à pied). A voir le planning surbooké de Christine Albanel à Cannes, on veut bien croire que cette situation géographique est un précieux avantage.

«Pendant le festival de Cannes, nos clients ont des timings très serrés», reprend Emmanuel Caux qui, avant le début des festivités, demande à ses 700 employés (environ 350 hors festival) de faire face aux demandes de ces gens très pressés. Lesquels «veulent à la dernière minute un coup de fer sur leur tenue, des éclairages et des miroirs particuliers pour le maquillage, de l’aide pour défaire ou refaire leur valise». Puisque les stars changent de tenues plusieurs fois dans la journée, passent et repassent dans leurs chambres pour aller dîner ici, négocier là, ou encore voir un film, il n’est pas rare que les 305 chambres soient refaites trois ou quatre fois par jour pendant cette période. «Notre travail, c’est de permettre aux stars de briller, de rendre leur séjour le plus fluide possible, dit encore Emmanuel Caux. C’est quand même une fête ici!» Jerry Lewis, le comique américain, le sait bien, lui qui a fait rire tous les bagagistes de l’hôtel en portant les valises des clients à leur place.

Moins de faste

En général, le Majestic fait pendant Cannes 20% de son chiffre d’affaires annuel. Bien que la chambre coûte… 970 euros la nuit et la plus chère 7.500 euros, aucune n’est libre cette année encore. «Sur l’hébergement, les résultats sont équivalents voire supérieurs à l’année dernière», dit le directeur, satisfait, «mais sur la restauration, l’activité est moins grande». Pourtant, il y a toujours autant de réceptions, de cocktails et de soirées organisées (10 soirs sur 12, cette année), mais le panier moyen de dépense a baissé, lui, de 10 à 12%. Pas de feu d’artifice cette année, par exemple, et moins de cocktails. En un mot, moins de «faste».

Le Majestic est né vingt ans avant le festival, créé en 1946, et a donc connu toutes les éditions. La preuve, sur les murs du restaurant, des photos par dizaines de Gérard Depardieu, Isabelle Adjani ou Isabelle Huppert dans leur jeunesse. L’hôtel a entamé des travaux, pour offrir 45 suites supplémentaires. Un rallongement super luxe pour des appartements allant de 46 à 400 mètres carrés, avec piscine privative et majordome disponible 24h/24.  De quoi attirer des familles nombreuses et super friquées comme la tribu des Brandgelina qui, pour l’instant, préfère séjourner à l’hôtel Eden Roc, vers Antibes, protégé des paparazzis par une falaise vertigineuse.