Une nuit cannoise sous le signe de la poisse

CANNORAMA La preuve qu'on ne peut pas assurer tous les soirs...

Cédric Couvez, à Cannes

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  — C. COUVEZ / 20 MINUTES

«Tout commençait bien quand soudain... tout tombe à l'eau.» Mercredi, 20h30, sur le ponton d'une petite plage en face du Miramar. Une annexe vient me chercher pour me conduire sur le «Chouchou», beau bateau de 28 mètres qui mouille à 200 mètres.

Objectif, rejoindre le cap d'Antibes par la mer pour assister au dîner Citizen K, le très branché magazine de mode. Après une chouette croisière d'une petite heure, la nuit est totalement tombée lorsque l'on aperçoit un vieux ponton en pierre, posé juste devant la Villa Schweppes, baignée de lumière verte. Dans le noir complet, on réussit à grimper sur le ponton avant de s'apercevoir qu'il est coupé en deux: trois mètres nous séparent de la terre ferme.

Ni une, ni deux, on retrousse les ourlets de nos smoking et tentons une traversée rocambolesque. Luc Tessier, l'organisateur de la soirée réussit sans problème l'épreuve. Confiant, j'embrasse son pas avant de glisser lamentablement sur un rocher et tomber comme une crotte dans l'eau. Trempé de la tête aux pieds, ma tenue de gala est ruinée, mon téléphone mobile aussi. La guigne! Posté devant la villa, le service de sécurité est mort de rire.

«Je noie ma noyade dans le vin»

Tous très chic, les invités arrivent me déshabillent du regard, l'air hilare. Compatissant, le staff me fait monter dans l'une des chambres où je passe une bonne demi-heure en tête à tête avec un sèche-cheveux. En bas, le dîner commence tout juste. Kappauf, le créateur de Citizen K est entouré de ses copines: Isabelle Huppert et Dita Von Teese. La scène est immortalisée par les caméras de Paris Dernière. Je noie ma noyade dans le vin avant de manquer de m'étouffer avec une arrête de queue de loup grande comme un poignard. La poisse!

1 heure du matin, Edouard Rostand, programmateur musical de la Villa Schweppes prend les platines et balance du lourd. La présidente du jury tire sa révérence alors que Dita parade dans les jardins. Bien chauds, certains invités se jettent dans la piscine, en string ou habillés. N'ayant plus trop le coeur à faire trempette, je tente de choper une navette mais l'on m'informe que la prochaine est dans une heure... La logistique cannoise, ce n'est pas une sinécure.

Un poil chanceux, je réussis à m'incruster dans une voiture de location conduite par un publicitaire belge et regagne, toujours mouillé, la Croisette. Il est temps d'arrêter les dégâts et de filer sagement dans mon lit. A l'heure où ces lignes sont publiées, j'ai perdu mon mobile et gagné une angine. Sors de ce corps Pierre Richard!