«Le Ruban blanc», du grand Haneke

CRITIQUE Des faits étranges se produisent dans un petit village allemand à la veille de la Première Guerre mondiale...

Caroline Vié, à Cannes

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«Le ruban blanc», de Michael Haneke
«Le ruban blanc», de Michael Haneke — Les Films du Paradoxe
Le topo si vous avez raté le début
A la veille de la Première Guerre mondiale, des faits étranges surviennent dans un village allemand. Le médecin est victime d’une chute de cheval suspecte et une paysanne trouve la mort dans des circonstances bizarres. Petit  à petit, une atmosphère de suspicion règne parmi les habitants…

Les têtes à retenir
Ulrich Tukur est l’un des acteurs phares du cinéma européen. Il était à l’affiche de «Séraphine» et de «La Vie des autres». Susanne Lothar retrouve Michael Haneke qui l’avait dirigée dans «Funny Games» et «La Pianiste».

Backstage
Michael Haneke est l’un des grands habitués de Cannes. Il a d’abord fréquenté la Quinzaine des réalisateurs avec «Le septième continent», «Benny’s Video» et «71 fragments d’une chronologie du hasard». Il est ensuite passé en sélection officielle pour «Funny Games», «La Pianiste», «Le Temps du loup» et «Caché».

Le plus du film
Michael Haneke se révèle en grande forme avec cette chronique où il étudie en entomologiste la vie d’un petit village qui ignore que la guerre menace. Son approche glaciale de ses personnages comme son sens du hors champ sont d’une efficacité redoutable pour mettre le spectateur mal à l’aise. Ce film très fort montre comment une société puritaine peut influer sur la population d’un microcosme villageois. C’est du grand Haneke et de l’excellent cinéma.

Le moins du film
La froideur de l’ensemble peut dérouter et empêcher le spectateur d’entrer dans ce film de près de deux heures trente.

La réplique qui tue

«Et si je faisais une bêtise?», dit la maîtresse du médecin du village, qui vient de rompre avec elle. Et lui de répondre: «Ne te gêne pas».

La vidéo