«Looking for Eric», le Ken Loach du Festival

CRITIQUE Le film qui sort mercredi met en scène un Cantona plus vrai que nature...

Caroline Vié, à Cannes
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Le topo si vous avez maqué le début
Eric, postier qui élève seul ses deux beaux-fils turbulents, est victime d’un accident de voiture. Ses copains tentent de lui remonter le moral, mais cet homme en pleine dépression n’a qu’un seul plaisir, le football et une seule idole, Eric Cantona. Ce dernier lui apparaît soudain pour lui donner des conseils afin d’améliorer sa vie.
 
Les têtes à retenir
Eric Cantona, ici dans son propre rôle, avait été remarqué dans «Le bonheur est dans le pré» (1995) d’Etienne Chatilliez puis dans «Les enfants du marais» (1998) de Jean Becker. Il a également campé un commissaire obèse dans «L’outre-mangeur» (2003) de Thierry Binisti et un gangster dans «Le deuxième souffle» d’Alain Corneau.
Steve Evets, l’autre Eric du film, est un vétéran de la télévision britannique.
 
Backstage
Eric Cantona a écrit une trame de deux pages sur ses expériences avec un fan. Il a ensuite retravaillé avec Paul Laverty, scénariste de Ken Loach, pour construire l’intrigue complète du film. Cantona a souhaité collaborer avec Loach parce qu’il apprécie son cinéma et parce que ce dernier est un fan de foot. Bien que le «Eric Cantona» du film soit fictif, le footballeur reconnaît qu’il lui ressemble beaucoup.
 
Le plus du film
Les rapports entre les deux Eric sont bien croqués. On s’amuse franchement, quand le footballeur sort proverbes et maximes fumeux à son admirateur. Cantona est juste fantastique et son sens de l’autodérision fait plaisir à voir! Les seconds rôles n’ont pas été oubliés par Ken Loach. Les enfants d’Eric et ses copains sont attachants. Le postier fan de psychologie dont les interventions sont hilarantes, est irrésistible. Et le message positif du film fait du bien!
 
Le moins du film
Le mélange de genre entre fantaisie et drame social est parfois un peu artificiel, mais ce n’est qu’un tout petit défaut dans un excellent film!
 
La réplique qui tue
«- C’est drôle des fois, on oublie que tu n’es qu’un homme.
- Je ne suis pas un homme, je suis Cantona.»


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