Cantona, acteur né

VIDEORAMA Eric Cantona, ancien footballeur d'éclats et comédien depuis toujours,joue dans le dernier Ken Loach...

Mathieu Goar

— 

 
  — DR
Il faut croire que Cannes aime les footeux. Surtout les têtes à claques. En 2008, le plus grand footballeur de tous les temps, Diego Maradona, se payait une petite montée des marches pour un documentaire sur sa vie réalisé par Kusturica. Lundi, c'est au tour d'Eric Cantona de fouler le tapis rouge de Cannes aux côtés de Ken Loach à l'occasion de la projection de «Looking for Eric», un film tourné autour de la personne du King. Une situation qui n'a rien d'incongrue. Avant d'en faire son métier, Cantona, bien loin de l’image pâlotte d’un Zidane, a toujours été un magnifique acteur sur les terrains. Sauf que c’était souvent de l'improvisation et rarement de la comédie. La preuve par l'image.
 

Personne ne l'avait encore vu sous sa douche vanter les mérites d'un rasoir, que Canto se faisait déjà remarquer par les caméras. En assassinant Der Zakarian sous le maillot d’Auxerre, mais aussi du côté de l'OM avec cette gueulante contre Henri Michel, le sélectionneur de l’équipe de France, rebaptisé en août 2008 «Sac à merde». Canto, le footballeur pagnolesque. A noter la référence cinématographique à Mickey Rourke. Déjà.



Coup après coup (notamment sur un arbitre qui se prend un ballon), son image de mauvais garçon s'installe. Les cinéastes sauront se l'approprier. Notamment Etienne Chatillez en 1995 qui lui offre son premier rôle au cinéma en 1995 dans «Le Bonheur est dans le pré». Avant d’avoir purgé son année d'exclusion de l'équipe nationale à la suite de ses déclas sur Michel, Canto refait la une des journaux en janvier 1989 en jetant son maillot de l'OM. Canto, le sens inné de la dramaturgie (et de la sortie).

Bien avant Mookie (1998 où il tient la répartie à un singe) et cette scène de boxe pas forcément restée dans les annales, c’est sur le terrain que Canto laisse des marques. Notamment sur le visage de ce supporter de Crystal Palace le 25 janvier 1995. Canto version Jackie Chan.


Un geste qui l'oblige à s’expliquer devant les caméras. Canto avale une gorgée d’eau et lance «Quand les mouettes suivent un chalutier, c'est parce qu'elles pensent que des sardines seront jetées à la mer». Canto, le Godard à crampons.


Certains lui en veulent. Pas tous les autres. A Leeds, Cantona avait déjà conquis le coeur des fans avec cette phrase «I don’t know why but I love you» digne d’un bon Lelouche et prononcée au micro du stade. A Manchester, sa popularité atteint des sommets. Les fans s’égosillent vont jusqu’à chanter la Marseillaise. Surtout lorsqu’il marque des pions comme celui-ci en prolongation de la finale de la Cup face à Liverpool en 1996 ou encore celui-là sublime face à Sunderland. Des actions prolongées par un regard noir et un col de maillot magistralement relevé. Cantona du côté de Moricone.


Eric cantona - manchester united vs sunderland!
envoyé par ManUnitedFan - Regardez plus de vidéo de sport et de sports extrêmes.

Une noirceur exploitée par des marques comme Nike ou des années plus tard par Thierry Binisti, le réalisateur de l’Outremangeur (2003), qui lui offre son premier grand rôle au cinéma. Puis par Alain Corneau dans Le deuxième souffle (2007). Sur le pré, Cantona, agressé, savait aussi en faire des tonnes. Avant de mettre des coups. Un petit côté Joe Pesci chez Scorsese.



cantona l'enfant terrible
envoyé par Deportivo29 - Découvrez plus de vidéos créatives.

Sur les plateaux de télé, Canto s’en donne à coeur joie comme ici en 2001 dans l'émission Côté tribune. Le Pape, les journalistes, tout le monde y passe.

 


Lors de sa dernière sortie médiatique sur le football, il a déclaré que l’équipe de France était tout ce qu'il trouvait de plus ennuyeux dans le foot actuel. Et que s'il avait à choisir, il préférerait entraîner Manchester. La classe des plus grands.