Jean-Pierre Bacri au festival de Cannes le 17 mai 2009
Jean-Pierre Bacri au festival de Cannes le 17 mai 2009 — 20minutes.fr/AA

INTERVIEW

Jean-Pierre Bacri: «Je ne peux pas changer grand-chose à ma tête»

L'acteur joue dans un film présenté à la Semaine de la critique, à Cannes…

On ne va pas faire semblant, Jean-Pierre Bacri est l’un de nos acteurs préférés. Et il le confirme dans «Adieu Gary», le premier film de Nassim Amaouche, présenté à la Semaine de la critique. Jouant le rôle de Francis, un ancien ouvrier qui soigne la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie, il a, comme toujours, la réplique qui tue et l’ironie bien sentie. A notre rencontre, à Cannes, il est arrivé habillé tout en noir et pas rasé. En vrai, il se montre en outre déconneur et doté d’un rare sens de l’observation. Mais il y a une chose qui l’énerve, c’est qu’on lui dise qu’il joue souvent des personnages «bourrus».
 
Vous avez passé votre enfance à Cannes?
Oui, j’ai habité ici pendant douze ans, depuis le retour d’Algérie en 1962 jusqu’en 1974, quand je suis parti à Paris. Mon papa était facteur et avait été muté à Cannes. Ça me fait un petit quelque chose de revenir ici, car on a été jeune là. Mais je n’ai pas non plus de pincement de cœur en revenant ici, parce que je n’étais pas archi fou de cette ville.
 
Le réalisateur Nassim Amaouche dit que «les prolos aussi ont droit aux projecteurs, aux travellings et au 35 mm»...
Il veut dire qu’on les filme toujours avec une espèce de condescendance; on les montre dans leur misérabilisme; on fait des films archi naturalistes. Nassim Amaouche ne voit pas pourquoi les bourgeois seraient toujours esthétiquement filmés et pourquoi on n’aurait pas les mêmes attentions et le même soin à filmer les ouvriers.
 
Quelle a été la scène d'«Adieu Gary» la plus difficile à tourner?
C’est la scène où j’arrive à cheval, en cow-boy. Mais c’est un cascadeur qui l’a faite à ma place, ce qui m’a permis d’éviter la scène la plus dure.
 
Le personnage que vous jouez, Francis, est un homme à la fois tendre et bourru. Vous retombez souvent sur ce type de rôle?
Il me semble toujours que je fais des rôles différents. Mais c’est peut-être ma tête. Je ne peux pas changer grand-chose à ma tête, donc oui, c’est moi qui joue, quels que soient les rôles.