L'urgence amoureuse des «Nuits d'ivresse printanière»

CRITIQUE Le film du chinois Lou Ye est projeté ce jeudi...

Caroline Vié, à Cannes

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  — ROSEM FILMS
Le topo si vous avez manqué le début

A Nankin, de nos jours, Wang Ping vit une liaison avec un autre homme, Jiang Cheng. Lorsque sa femme engage un détective privé pour le surveiller, elle est effondrée de découvrir que Wang Ping la délaisse pour vivre une relation homosexuelle. Le privé ne va pas tarder à tomber sous le charme de Jiang Cheng…

Les têtes à retenir

Le réalisateur chinois Lou Ye a connu la censure dans son pays en 1994 avec «Week-end Lover». Il a ensuite tourné clandestinement «Suzhou River» puis «Une jeunesse chinoise», un film présenté à Cannes en 2006, qui parlait des événements de Tienanmen et qui lui a valu de se faire bannir cinq ans de son pays.

Backstage

Le cinéaste rend hommage à «Jules et Jim», de François Truffaut, dans ce film. Il s’est également inspiré de l’œuvre de Yu Dafu, un poète des années 20. Il a choisi de tourner son film à Nankin qui lui semblait une zone grise, moins politisée que Pékin, moins commerciale que Shangai et moins ouverte que Hong Kong. Cette cité lui semblait également très poétique. Pour préparer ses acteurs aux scènes de sexe, il leur a montré des films comme «Macadam Cow-Boy» de John Schlesinger ou «My Own Private Idaho» de Gus Van Sant. Il lui est arrivé de tourner un plan de 40 minutes pour leur laisser une plus grande intimité.

Le plus du film

Des images fulgurantes et des moments d’intimité très forts entre les personnages. La ville prend corps dans ces histoires d’amour qu’on sent placées sous le signe de l’urgence.

Le moins du film

Le film est beaucoup trop long et l’ennui pointe parfois son vilain nez.

La réplique qui tue

«C’est comme ça que tu lui prends la main?»
Question que pose une jeune femme après avoir découvert la liaison homosexuelle de son amant.


La vidéo