Les sections parallèles tiennent la barre

Caroline Vié

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Les festivaliers ne vont pas savoir où donner des yeux, tant les sections

parallèles

ont mis cette année les petits plats dans les grands. Francis Ford Coppola et son Tetro ouvrent les portes de la Quinzaine des réalisateurs et une pléiade de stars françaises (Jean-Pierre Darroussin, Denis Podalydès et Zabou Breitman en tête) s'amusent du monde de l'entreprise dans Rien de personnel, comédie de Mathias Gokalp qui inaugure la Semaine de la critique. Ces deux sections, têtes chercheuses - et souvent dénicheuses - de talents offrent toujours quelques trésors aux festivaliers curieux. Contrairement à la Sélection officielle, il n'est pas nécessaire d'être un professionnel pour y accéder. Elles sont ouvertes au public payant qui se déplace en nombre, chaque année, n'hésitant pas à braver les files d'attente pour assouvir sa passion.

Si une compétition féroce les oppose au Festival officiel, tout le monde finit par trouver son compte au sein de la grande fête du 7e art grâce à un principe éprouvé de vases communicants. Gaspard Noé et Ken Loach, découverts à la Semaine, se disputent cette année la Palme d'or. Coppola prend, d'une certaine façon, la suite de ses potes Scorsese et Lucas, révélés par la Quinzaine dans les années 1970. Peu importe l'écran, tout le monde aime le cinéma. Les critiques qui sélectionnent les films de la Semaine privilégient la découverte, à travers des premiers et seconds films. Le comité de la Quinzaine des réalisateurs, parrainée par les cinéastes de la Société des réalisateurs de films, invite aussi de grands noms comme Hong Sang-soo, Pedro Costa, Luc Moullet ou Alain Guiraudie.

La rivalité repose sur le seul prix ouvert à toutes les sections du festival : la Caméra d'or, décernée au meilleur premier film présenté au cours du festival. Le jury, présidé par Roschdy Zem, devra départager cette année vingt longs métrages. Dont celui d'Isabelle Huppert. Notre coeur penche pour l'instant pour deux comédies françaises : Les Beaux Gosses, adaptation de sa propre bande dessinée par Riad Sattouf, présenté à la Quinzaine, et Adieu Gary de Nassim Amaouche, où Jean-Pierre Bacri vibre de tendresse bourrue à la Semaine. Il reste toutes les oeuvres dont on ne sait rien pour l'instant, mais qui s'imposeront comme des évidences. Que les séances commencent ! W