« Il ne faut pas oublier qu'il y a "festif" dans "festival" »

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Darroussin joue dans« Rien de Personnel », présenté à la Semaine de la critique.
Darroussin joue dans« Rien de Personnel », présenté à la Semaine de la critique. — LORENVU / SIPA

Avec Rien de personnel, vous revenez en deuxième Semaine de la critique. On y prend goût ?

Ça s'était très bien passé l'an dernier, avec Les Grandes Personnes, d'Anna Novion. Je suis donc impatient de rempiler. Cette section a une réputation d'exigence gratifiante : c'est quand même un honneur de séduire des critiques qui voient des films à longueur de journée.

Séduire, c'est important pour votre personnage ?

C'est un homme ambigu dont la complexité est assez exceptionnelle, surtout pour un premier film... Je ne peux pas en révéler davantage, mais je peux encourager les festivaliers à aller voir cette comédie grinçante sur le monde de l'entreprise. Elle prouve qu'il n'y a pas que des films sinistres à Cannes.

Y a-t-il davantage de pression à monter les marches avec L'Armée du crime, présenté en sélection officielle ?

Je ne suis pas du genre à me faire du souci. Retrouver ici l'ami Robert Guédiguian, sa bande habituelle et toute une troupe de jeunes talentueux, ça me comble de joie. Il ne faut pas oublier qu'il y a « festif » dans « festival ». Et comme nous passons hors compétition, il n'y a pas vraiment de pression.

Vous jouez un vrai salaud dans ce film sur la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale...

C'est vrai que les gens seront sans doute moins tentés de venir me serrer la main après la projection ! J'ai essayé de communiquer une certaine humanité au personnage. C'est un pauvre type qui choisit de faire passer ses intérêts en premier dans une période trouble. Robert Guédiguian m'a vraiment gâté.

Cannes, c'est important pour vous ?

Un acteur est habitué à la mascarade de ces manifestations et c'est amusant de bien s'habiller quelques jours dans l'année ! Montrer son travail à un public averti est également fort plaisant, surtout que les applaudissements sont souvent nourris et très longs.

Un bon souvenir du festival ?

La projection de Marie-Jo et ses deux amours, en 2002, aux côtés de Robert Guédiguian, Ariane Ascaride et Gérard Meylan. Ah ! Voir notre travail commun reconnu après tant d'années... Je me souviens aussi avoir été assis à côté de Mick Jagger pendant un film. A la fin, nous avons applaudi ensemble et échangé des sourires, mais je n'ai pas osé lui parler. Pourtant, je suis un fan des Rolling Stones.

Le plus mauvais ?

M'être fait refouler de la fête de Maradona, l'an dernier. Je n'avais pas d'invitation... A Cannes, on se frotte à une certaine bureaucratie, à une forme de hiérarchie qui n'est pas vraiment ma tasse de thé. W

Recueilli par Caroline Vié